On jette le sort dans le pan du vêtement : dans le pli d'un habit, ou dans le sein, ou dans un chapeau, un bonnet, une urne, ou dans tout ce qu'on a sur les genoux et d'où on le tire. On y avait recours pour choisir les magistrats, civils ou ecclésiastiques ; pour partager des héritages ; pour trancher des cas douteux ; pour régler des différends et mettre fin à des querelles qu'on n'aurait pu terminer autrement. On ne doit pas s'en servir pour des vétilles, ni pour satisfaire sa curiosité, ni par appât du gain, ni à la légère ou par superstition ; mais sérieusement et religieusement, avec prière, dans la foi, en vue d'une direction divine et prêt à s'y soumettre ; car le sort est de la nature d'un serment et fait appel à l'Être qui sait tout, est partout et peut tout.
Mais toute décision vient du Seigneur ; ou : « le jugement » qu'il donne - le jugement à porter par lui sur des personnes ou des choses ; car il est dirigé et disposé de manière à tomber sur la personne qu'il faut, ou à faire connaître, conformément à sa volonté, ce qui était en doute et en litige, et à quoi toutes les parties doivent s'en tenir. Il faut attribuer cela non pas au hasard aveugle et à la fortune, ni à l'influence des astres, ni à quelque être invisible créé, ange ou démon, mais au Seigneur seul : il n'y a pas de hasard, ni d'événements dus au hasard ; les événements qui semblent les plus fortuits et les plus contingents sont tous disposés, ordonnés et gouvernés par la volonté souveraine de Dieu.