La voie du méchant est en horreur au Seigneur : la voie que son cœur imagine, qu'il choisit et où il se plaît, où il marche ; et il ne la quittera pas et ne pourra pas en être détourné, sinon par la grâce puissante de Dieu. Cette voie n'est pas bonne mais mauvaise, et elle est donc en horreur au Seigneur - c'est-à-dire toute la teneur et tout le cours de sa vie, ce que signifie sa « voie » ; d'où il suit que ses sacrifices et tous les devoirs extérieurs de religion qu'il accomplit sont abominables au Seigneur ; car tant qu'il continue de vivre dans le péché, tous ses exercices religieux ne serviront de rien et ne peuvent lui être agréables ni acceptables.
Mais il aime celui qui poursuit la justice : soit qu'il poursuive une justice qui justifie - non pas la justice de la loi, que les Juifs charnels poursuivaient sans l'atteindre, car la justice ne s'obtient pas par les œuvres de la loi, ni la justification, et nul ne peut être agréé de Dieu à cause d'elle ; mais la justice du Christ, qu'il a accomplie et que révèle l'Évangile. La poursuivre suppose qu'on en manque, qu'on en sent le manque, qu'on a entrevu la gloire, la plénitude, la parfaite convenance et l'excellence de la justice du Christ, et qu'on la désire ardemment - désir exprimé ailleurs par la faim et la soif de la justice, et ici par cette poursuite, qui n'est autre chose qu'une demande instante et pressante d'être trouvé en elle ; et ceux-là, comme ils en seront rassasiés, sont aimés du Seigneur et agréés de lui à cause de la justice qu'ils poursuivent. Ou bien on peut l'entendre de la poursuite d'une sainteté véritable du cœur et de la vie, sans laquelle nul ne verra le Seigneur ; et quoique la perfection ne s'atteigne pas dans cette vie, l'âme touchée par la grâce y tend de toutes ses forces, ce qui plaît beaucoup à Dieu.