Le sacrifice des méchants est en horreur au Seigneur. Même les sacrifices institués par Dieu lui-même, sous l'ancienne alliance, quand ils étaient offerts par des méchants, sans foi au Christ, sans conscience du péché, sans repentance ni changement de vie ; quand ils servaient de couverture au péché, à l'abri de laquelle on se rassurait pour continuer de pécher ; quand on les apportait « avec une pensée mauvaise », comme dit Proverbes 21:27 ; quand ce qu'on offrait n'était pas conforme à la loi - la bête boiteuse ou aveugle - ou n'était pas à soi, mais le fruit d'un vol offert en holocauste ; ou quand on s'imaginait qu'ils expiaient d'eux-mêmes les péchés : dans tous ces cas, c'était une abomination pour le Seigneur (voir Ésaïe 1:11-15 ; 61:8 ; 66:3). À plus forte raison les sacrifices païens devaient-ils lui être en horreur, eux qu'il n'avait pas institués et qui étaient offerts aux démons et non à lui ; et dont beaucoup étaient d'ailleurs inhumains et atroces, comme de donner son premier-né pour son crime et le fruit de ses entrailles pour le péché de son âme. Et il en va de même des sacrifices papistes, du sacrifice de la messe, ce sacrifice non sanglant, cette prétendue offrande renouvelée du corps et du sang du Christ : impie et blasphématoire, il est en horreur au Seigneur, et c'est peut-être ce qui est ici principalement visé. Le mot « sacrifice » peut représenter tout acte religieux accompli par un méchant, fait avec hypocrisie et sans bonne intention ; et toutes ses bonnes œuvres apparentes, qui, ou bien ne sont pas conformes à la parole et à la volonté de Dieu, n'ayant jamais été commandées par lui - comme il y en a beaucoup chez les papistes -, ou bien ne sont pas faites dans la foi, et sont donc péché, et ne procèdent pas de l'amour de Dieu, mais d'un cœur plein d'hostilité contre lui, et ne visent pas sa gloire. Bref, quoi qu'ils fassent, si dévot et si vertueux que cela paraisse, si cela est mis à la place du Christ et sert à écarter sa justice, sa satisfaction et son sacrifice, c'est une abomination pour le Seigneur.
Mais la prière des hommes droits fait ses délices : la prière de ceux dont le cœur est droit devant Dieu, en qui un esprit droit a été renouvelé ; vrais Israélites, ayant en eux la grâce véritable et la racine de la chose ; honnêtes, sincères et droits de cœur. Leur prière, opérée en eux par l'Esprit de Dieu, venant donc de Dieu et étant comme son propre souffle en eux, ne peut que lui plaire ; cette prière fervente, insistante, pressante, qui ne sort pas de lèvres trompeuses mais du cœur, et qui est faite d'un cœur sincère ; la prière de la foi, le cri de l'humble ; la prière adressée à Dieu comme à un Père, au nom du Christ Médiateur, parfumée de l'encens de son intercession, commençant par la célébration des perfections divines, contenant l'humble aveu du péché et de son indignité, rapportant toute bénédiction à la grâce de Dieu et exprimant la reconnaissance pour les faveurs reçues : cette prière-là est très agréable et très délicieuse à Dieu, fût-elle celle d'une créature pauvre, insignifiante et méprisable à ses propres yeux et à ceux des autres (Psaume 102:17 ; 9:12 ; Cantique 2:14 ; Luc 18:11-14). Et cela s'oppose aux rites pompeux et aux cérémonies, au culte fastueux et aux sacrifices coûteux des méchants, tels que les papistes en usent.