La sagesse repose dans le cœur de l'homme intelligent : elle est dans son cœur comme dans un coffre où elle est déposée et gardée en sûreté ; elle y demeure cachée, discrète, sans bruit et sans étalage ; elle y habite paisiblement et durablement.
Mais ce qu'il y a au milieu des insensés se fait connaître : le peu de savoir qu'ils ont, ou croient avoir, ne reste pas longtemps en eux ; ils saisissent toutes les occasions de le montrer et de faire savoir aux autres ce qu'ils ont acquis ; et par là, au lieu de la réputation de sages et d'avisés, ils acquièrent celle d'insensés. Car si l'homme prudent communique son savoir, c'est au bon moment, au bon endroit et aux bonnes personnes, précautions que les insensés n'observent pas : sans le moindre jugement ni le moindre discernement, sans égard aux personnes, aux lieux ni aux circonstances, ils étalent vaniteusement leur savoir et proclament ainsi leur sottise. La version syriaque porte :
« dans le cœur des insensés elle ne sera pas connue » ;
elle n'y a pas de place.