Le pauvre est détesté même de son prochain, autant que des étrangers ; c'est-à-dire que celui-ci l'évite et ne se soucie ni de le remarquer ni d'être son ami, de peur qu'il ne lui soit à charge. La pauvreté attire à un homme le mépris et le déshonneur : le même homme, riche ou indigent, est respecté ou dédaigné. Et cela vaut, comme le remarque Guershom, de l'homme pauvre d'argent comme de l'homme pauvre de savoir, pauvre de bourse comme pauvre d'esprit.
Mais le riche a beaucoup d'amis ; ou : « nombreux sont ceux qui aiment le riche », à cause de ses richesses ; soit par intérêt ou par ambition, soit parce que les riches n'ont besoin de rien d'eux, soit parce qu'ils espèrent y gagner quelque chose. Le commentateur juif cité plus haut observe que cela vaut aussi bien du riche en biens que du riche en sagesse ; mais le premier sens est le meilleur, car l'homme sage, s'il est pauvre en ce monde, est fort peu considéré.