Celui qui méprise son prochain pèche : celui qui le méprise dans son cœur, qui en parle avec dédain, qui l'ignore, qui refuse d'être son ami, de s'entretenir avec lui ou de le secourir dans le besoin - car il semble s'agir ici de son prochain pauvre ; la Septante et la version arabe traduisent d'ailleurs : « celui qui méprise le pauvre », qui le méprise à cause de sa pauvreté, à cause de son origine, de son éducation et de sa situation modeste, ou à cause de sa faiblesse, de son incapacité ou de quelque autre circonstance extérieure. Un tel homme pèche gravement, il se rend coupable d'une faute odieuse ; il sera tenu et traité pour pécheur, il sera condamné et puni, et deviendra ainsi malheureux et misérable.
Mais celui qui a pitié des malheureux, heureux est-il ; ou, comme dit le Targum :
« celui qui donne aux pauvres » ;
celui qui compatit à leur détresse et le montre en les secourant ; celui qui a de la bonté pour les humbles et les doux, selon un autre sens du mot - et tels sont d'ordinaire ceux qui vivent dans l'affliction et la pauvreté, car ces choses tendent à humilier ; ceux qui ont égard à eux dans leur condition misérable sont « heureux », bénis dans les choses temporelles et spirituelles, ici-bas comme dans l'au-delà (voir Psaume 41:1-3 ; Matthieu 5:7).