Mieux vaut celui qu'on méprise et qui a un serviteur. Il ne s'agit pas de la même personne qu'au verset précédent, mais d'un homme de condition modeste, qui n'a pas la fortune des autres, ou du moins n'en fait pas étalage ; petit à ses propres yeux, dit Jarchi ; qui ne recherche pas les grandeurs et ne cherche pas à paraître plus qu'il n'est ; et qui a tout juste de quoi entretenir un serviteur pour l'aider. Ou bien, selon une autre traduction, il est « serviteur de lui-même » ; c'est en ce sens que va la Septante, et c'est ainsi que l'entendent Jarchi et Guershom : celui qui fait lui-même son ouvrage, chez lui et au-dehors, à la maison et aux champs, et gagne ainsi convenablement sa vie. Celui-là
vaut mieux que celui qui fait le grand et manque de pain : qui se vante de ses ancêtres et se targue de sa fortune ; qui s'habille richement, entretient un bel équipage et fait grande figure au-dehors, alors qu'il a à peine de quoi manger chez lui - et n'aurait rien du tout s'il payait ses dettes. Le premier est bien meilleur à tous égards et bien plus digne d'éloge (voir Proverbes 13:7). Et de même, comme le remarque Cocceius, le plus humble berger sous le Christ, qui n'aurait que quelques brebis, une ou deux, à sa charge, qu'il conduit à la justice et dont il est aimé, vaut mieux que le pape de Rome, adoré par tous et qui pourtant n'a ni ne donne le pain des âmes, et qui, sans les offrandes des autres, n'aurait rien à manger.