Aucun malheur n'arrive au juste. Le malheur du péché : aucune iniquité, dit le Targum - traduction que suivent la Septante, la version syriaque et la version arabe, en ce sens que le péché ne convient pas, ne sied pas et ne plaît pas à l'homme juste. De plus, le Seigneur, par son Esprit et sa grâce, affaiblit en lui le pouvoir du péché ; par sa providence, il écarte et supprime les occasions de pécher ; et par sa puissance il le préserve d'y tomber et d'y être entraîné, du moins totalement et définitivement. Ou bien il s'agit ici du malheur qu'est le châtiment : aucun châtiment ne l'atteindra, car la peine due à ses péchés a été infligée au Christ, son garant, et ne retombera donc jamais sur lui ; et quelles que soient les afflictions qui lui arrivent, qui portent le nom et l'apparence du malheur, elles concourent à son bien, spirituel et éternel ; en sorte qu'en réalité aucun malheur, à proprement parler, ne lui arrive (voir Psaume 91:10). Ou encore : ce qui lui arrive ne lui arrive pas par hasard, mais par le décret et la volonté de Dieu, et il est dirigé pour son bien.
Mais les méchants sont comblés de maux : du mal du péché - de la malice et de la méchanceté, de toute impiété et de toute injustice, de l'ignorance et de l'erreur ; de toutes sortes de péchés, contre la première comme contre la seconde table de la loi, avec toutes leurs conséquences ; et du mal du châtiment : d'une mauvaise conscience et de ses terreurs, de mille détresses ici-bas et de la ruine éternelle ensuite. Certains l'entendent du mal qu'ils machinent contre les autres, dont ils sont pleins et gros ; et « quoiqu'ils le soient », comme Aben Ezra interprète le mot, aucun mal n'arrivera au juste : le mal qu'ils ont machiné retombera sur eux-mêmes.