Voici, le juste reçoit sur la terre sa rétribution. Aben Ezra l'entend de la récompense de leurs bonnes œuvres : il y a une récompense pour les justes, et ils l'ont dès maintenant en gardant les commandements de Dieu - non pas pour les avoir gardés ; ils ont la promesse de la vie présente comme de celle qui vient, et elle leur est tenue ; ils ont maintenant tout bien qui leur convient et leur est utile ; et ils recevront leur rétribution dans la terre nouvelle, qui ne sera habitée que par des justes. Mais il vaut mieux, avec Jarchi, l'entendre de la rétribution de leurs péchés et de leurs fautes, c'est-à-dire des châtiments dont leur Père céleste les corrige quand ils pèchent contre lui ; châtiments qui sont tous d'amour et pour leur bien, et qu'ils ne connaissent qu'ici-bas, tant qu'ils sont en ce monde ; car tout cela sera fini dans l'autre, où il n'y aura plus de péché, et donc plus de châtiment, et encore moins de condamnation (voir 1 Corinthiens 11:32).
Combien plus le méchant et le pécheur - eux qui seront punis non seulement sur la terre, comme il arrive souvent, mais en enfer pour l'éternité. La Septante, la version syriaque et la version arabe rendent le tout ainsi : « si le juste est à peine sauvé, où paraîtront l'impie et le pécheur ? » Ces mots sont repris par l'apôtre Pierre pour montrer que si le jugement, ou le châtiment, commence par la maison de Dieu, c'est-à-dire par les justes, la fin des méchants doit être bien terrible - ce qui rejoint tout à fait le sens de notre passage (voir 1 Pierre 4:17,18). Le mot « voici » est mis en tête de la phrase, soit comme une marque d'étonnement, soit plutôt pour attirer l'attention sur une chose certaine et digne de considération. Le Targum porte :
« voici, les justes sont affermis sur la terre ; mais les méchants et les pécheurs seront retranchés de la terre » ;
ce qui paraît s'accorder avec l'interprétation d'Aben Ezra (voir Psaume 104:35).