Le désir des justes ne va qu'au bien ; ou : « à ce qui est bon » : seul le bien en est l'objet. Ce que le juste désire, c'est faire le bien, et rien que le bien - même s'il ne fait pas toujours ce qu'il voudrait ; car il fait ses délices de la loi de Dieu selon l'homme intérieur, et, en tant qu'homme juste, saint et bon, il voudrait s'y conformer, et il la sert de son esprit, de sa volonté et de son cœur. Ses désirs vont au Seigneur et au souvenir de son nom ; il désire sa faveur, les marques de son amour, la communion avec lui, et les dons de sa grâce ; il désire tous les biens spirituels, et tout ce qui est bon, pour lui-même et pour les autres, et il le désire en se soumettant à la volonté de Dieu ; et toutes choses concourent à son bien et y aboutissent. Le bien est ce qu'il ne cesse de désirer, d'appeler de ses vœux et de demander dans ses prières ; et le bien est ce qu'il finit par obtenir, ici-bas et dans l'au-delà. Il peut certes se glisser en lui bien des désirs déréglés et illégitimes, et tout ce qui lui arrive peut ne pas paraître bon ; mais, en tant qu'il agit comme homme de bien, ses désirs ne vont qu'au bien, et il ne lui arrive rien qui ne tourne à son bien.
Mais l'attente des méchants, c'est la colère : ce qu'ils désirent, appellent de leurs vœux et espèrent, c'est que la colère et la vengeance tombent sur tous ceux qui leur déplaisent et contre qui ils sont irrités ; ils ne leur souhaitent aucun bien, mais du mal ; ils ne désirent et n'espèrent que ce qui offense Dieu et attirera sur eux sa colère ardente et sa profonde indignation ; en sorte que leurs désirs et leurs espoirs n'aboutiront finalement à rien d'autre. Et certains sont si effrontément impies et si terriblement endurcis qu'ils attendent l'enfer, comme le remarque Jarchi sur ce passage : ils s'attendent à la damnation et la prennent à la légère.