Un anneau d'or au groin d'un porc - l'allusion semble être à l'usage de mettre un anneau au groin des porcs pour les empêcher de fouiller la terre, ce qui se fait d'ordinaire avec un anneau de fer, bien plus adapté qu'un anneau d'or ou qu'un bijou serti d'or, tout à fait déplacé sur une telle bête, et qui se retrouve bien vite sur le fumier ou dans quelque bourbier, tout souillé.
Telle est une belle femme dépourvue de bon sens ; ou : « qui s'est écartée du goût », du goût de la vertu et de l'honneur ; qui a perdu tout sens de la pudeur et de la chasteté, qui a quitté son mari et s'est livrée aux caresses d'autrui. Comme sa beauté est bien représentée par un « anneau d'or », chose précieuse et désirable, et qui, bien placée et bien employée, est une parure, ainsi elle-même est bien figurée par une truie qui se vautre dans les impuretés de la débauche - où sa beauté l'a attirée comme un piège, et où elle est aussitôt ternie et perdue. Jarchi l'applique au disciple d'un sage, à un lettré qui s'écarte du bon chemin ou de la loi, ce qu'il explique par le goût ou le bon sens. Mais on peut mieux l'appliquer à la prostituée écarlate, l'Église apostate de Rome, qui a quitté le Christ, autrefois déclaré son époux ; qui a quitté les doctrines et les ordonnances de l'Évangile ; qui a perdu tout goût et toute saveur de la vraie religion, et jusqu'au sens commun et à la droite raison, comme dans l'affaire de la transsubstantiation et en d'autres choses. On peut donc bien la comparer à une truie avec un anneau d'or au groin, elle qui est « parée d'or, de pierres précieuses et de perles » et pourtant « ivre du sang des saints et des témoins de Jésus », et qui se vautre dans toute la fange de la prostitution, de l'idolâtrie et de la superstition, comme dans toutes sortes d'autres péchés et d'iniquités (Apocalypse 17:4-6).