Commettre le mal est un jeu pour l'insensé : nuire aux personnes et aux biens d'autrui, ce qui révèle un esprit profondément mauvais et malveillant, une nature bien corrompue ; ou plutôt « commettre le péché » de quelque sorte qu'il soit, tel qu'il l'a machiné dans son cœur. C'est « comme un rire », selon la traduction possible du mot : pécher est pour lui matière à rire ; et quand il a péché, il en rit. Au lieu d'en avoir honte et de s'en humilier, il en fait un sujet de plaisanterie et de moquerie, comme il se moque de toute religion et des reproches et avertissements des gens de bien. Le péché est son passe-temps : il y prend autant de plaisir que d'autres à leurs jeux, et il le commet aussi ouvertement et aussi librement ; bien plus, il ne se contente pas d'y prendre plaisir lui-même, il approuve ceux qui le commettent (voir Proverbes 14:9 ; Romains 1:30).
Mais l'homme intelligent a la sagesse : celle d'éviter le péché et de ne pas le commettre, ce qui est la vraie sagesse (Job 28:28). Car il a - c'est un autre sens du mot, d'après son emploi en arabe - une « bride », une « retenue » sur lui, qui l'empêche de faire le mal et d'y prendre plaisir comme le fait l'insensé. Ou bien : « ainsi la sagesse est-elle pour l'homme intelligent », c'est-à-dire : de même que commettre le péché fait le plaisir de l'insensé, de même il est un plaisir pour l'homme intelligent de faire ce qui est sage et bon ; faire la volonté de Dieu est sa nourriture et sa boisson (voir Jean 4:34) ; il y prend autant de plaisir que d'autres à leurs jeux et à leurs divertissements, et même un plaisir plus vrai et plus savoureux ; il fait ses délices de la loi de Dieu selon l'homme intérieur, et les voies de la Sagesse, c'est-à-dire du Christ, sont pour lui pleines d'agrément ; il court dans le chemin de ses commandements avec entrain et joie.