Il est sur le chemin de la vie : de la vie éternelle, qui est vraiment, proprement et par excellence « la vie » (Matthieu 19:17) ; vie de gloire ; vie de perfection, de sainteté, de connaissance, d'obéissance, d'amour, de paix et de joie parfaites ; vie affranchie de tous les inconvénients de la vie présente, physiques ou spirituels ; vie de bonheur, et qui durera toujours. Le chemin qui y mène n'est pas celui des œuvres de justice faites par les hommes, puisque par elles la loi n'est pas accomplie ni la justice satisfaite ; elles ne procurent donc pas une justification qui donne la vie, ni un droit à la vie éternelle : chercher la vie éternelle par cette voie est coupable, dangereux et vain. Le Christ est le seul chemin véritable : par son obéissance, ses souffrances et sa mort, il a ouvert un chemin nouveau et vivant ; et par son sang, sa justice et son sacrifice, la voie est ouverte à tous ceux qui croient en lui pour entrer dans la vie éternelle. Sont donc sur ce chemin ceux qui sont en Christ, secrètement par l'élection, ouvertement par l'appel efficace ; qui sont devenus de nouvelles créatures, rendus vivants par l'Esprit et la grâce du Christ ; qui portent en eux ce principe qui est une source d'eau vive jaillissant en vie éternelle ; qui voient le Christ et viennent à lui par la foi ; qui croient vraiment en lui, à quoi la vie éternelle est liée. Et il y est plus particulièrement,
celui qui garde l'instruction : l'instruction dans la justice que donnent les Écritures, et surtout leur partie évangélique ; celle qui nous instruit de la pensée et de la volonté de Dieu touchant le salut de l'homme, de la grâce de Dieu qui s'y manifeste, de la personne et des fonctions du Christ et du salut par lui, des doctrines de la paix, du pardon, de la justice et de la vie par lui. Celui à qui cette instruction vient avec puissance et qui devient pour lui une odeur de vie ; qui la reçoit avec amour ; qui l'« observe », selon le sens du mot employé ici ; qui suit ce qu'elle indique, lui montrant le Christ comme chemin du salut et l'invitant à regarder vers lui, à croire en lui et à être sauvé ; celui qui retient fermement cette instruction et s'y tient ; qui trouve la parole de l'Évangile, la mange et en est nourri pour la vie éternelle : celui-là est assurément sur le chemin de la vie.
Mais celui qui refuse la réprimande s'égare - s'égare du chemin de la vie. Celui qui rejette les conseils et les avis, les avertissements et les reproches donnés dans la Parole de Dieu, par ses serviteurs, ou par des parents, des maîtres, des amis ou des proches qui lui veulent du bien, celui-là s'écarte loin du chemin qui mène à la vie, s'engage dans les sentiers du péché, et se trouve donc sur le chemin de la mort. Certains traduisent : « il fait errer » - soit les autres, comme dit Aben Ezra ; soit lui-même et les autres, comme dit Jarchi ; et l'on peut alors comprendre : « celui qui délaisse la réprimande », autre traduction possible, c'est-à-dire celui qui se dérobe au devoir de reprendre quand l'occasion s'en présente et qu'il le doit. Aben Ezra rattache ce membre au précédent, comme s'ils concernaient une seule et même personne :
« il est sur le chemin de la vie, celui qui garde l'instruction et rejette la réprimande de celui qui fait errer. »