Le travail du juste tend à la vie : à la vie naturelle et à son entretien, car tout ce pour quoi il travaille, c'est de faire vivre les siens et lui-même ; il ne cherche pas de grandes choses pour lui. Ou bien à la vie spirituelle : ses exercices spirituels - la prière, la lecture, l'écoute de la Parole, la fidélité aux ordonnances - tendent à développer et à entretenir en lui une vie spirituelle. Ou encore à la vie éternelle : non que les œuvres du juste (c'est le pluriel qu'emploient le Targum, la Septante et la version arabe) méritent la vie éternelle, car ni la vie ni la justice ne s'obtiennent par les œuvres des hommes, mais par la grâce de Dieu ; pourtant, comme le juste travaille pour la nourriture qui demeure jusque dans la vie éternelle et que le Fils de Dieu donne, on peut dire que son travail tend à la vie éternelle (Jean 6:27).
Le revenu du méchant tend au péché : tout ce dont il jouit, qu'il l'ait acquis par son travail - le mot semble d'ailleurs volontairement omis, comme on l'a remarqué, pour indiquer que ce n'est pas de cela qu'il s'agit - ou qu'il l'ait reçu en héritage, ou de quelque autre manière, licite ou non ; tous ses revenus et toutes ses richesses, l'accroissement de ses biens et de ses terres, tout est employé à des fins coupables : à l'orgueil, au luxe, à la débauche ; et tout cela tend à la mort, et même à la mort éternelle, juste salaire du péché.