La fortune du riche est sa ville forte. Ce qu'une place forte est aux gens en temps de guerre, la fortune l'est au riche : elle lui permet de se défendre des attaques d'autrui et de subvenir à ses besoins et à ceux des siens en temps de calamité publique ; car l'argent est une protection et répond à tout (Ecclésiaste 7:12 ; 10:19). Ou bien elle l'est dans son imagination et dans son idée : il y met sa confiance et se croit à l'abri, alors qu'il se fie à des richesses incertaines, qui lui feront défaut ; elles peuvent s'envoler de son vivant et le laisser exposé à la détresse et au danger ; et de toute façon elles ne le protégeront pas, à sa mort, de la colère de Dieu et de la perdition éternelle. Ou encore : ses richesses le montent en épingle, il en tire de grands airs et méprise les autres, se croyant en sûreté comme dans une citadelle, et ne craignant rien, ni malheur, ni maladie, ni mort.
La ruine des pauvres, c'est leur pauvreté ; ou : leur pauvreté est leur effroi, selon le sens du mot : elle les terrifie ; connaissant leur situation, ils ont peur de tout le monde et de tout, incapables qu'ils sont de se défendre contre leurs ennemis et de subvenir à leurs besoins en temps de calamité publique - guerre, famine ou peste.