Proverbes de Salomon. Ce titre est repris de Proverbes 1:1, et il est tout à fait à sa place ici, puisque commencent maintenant ces sentences serrées de Salomon qui portent le nom de proverbes, les chapitres précédents formant une sorte de préface ou d'introduction. Salomon y recommande l'étude de la sagesse, en montre le profit et l'avantage, donne des indications pour l'acquérir et prépare son lecteur à recevoir les paroles sages qui suivent - lesquelles sont pour la plupart indépendantes les unes des autres, faites en général de deux membres opposés l'un à l'autre, et souvent exprimées par des comparaisons et des images.
Un fils sage réjouit son père, comme Salomon réjouit son père David. Sa sagesse s'était sans doute déjà manifestée avant qu'il ne monte sur le trône, même si elle éclata davantage ensuite ; ce qui fit la joie de David de le voir placé sur le trône avant sa propre mort, lui à qui il avait confié la charge de bâtir la maison du Seigneur.
Mais un fils insensé est le chagrin de sa mère : il lui cause de la peine et du souci, comme Roboam peut-être en causa à la sienne. Tout cela, cependant, doit s'entendre des deux parents ensemble, et non de chacun séparément. Ce n'est pas que le fils sage réjouisse seulement son père - sous prétexte que celui-ci serait meilleur juge de sa sagesse, plus souvent au-dehors pour en entendre parler et en constater les effets -, ni que le fils insensé n'afflige que sa mère, sous prétexte qu'elle est davantage à la maison et plus au fait de sa sottise : la joie ou le chagrin touchent également les deux parents. Il ne s'agit pas non plus de ceux qui sont sages ou insensés quant à leurs capacités naturelles seulement, mais de ceux qui le sont au sens moral : vertueux ou vicieux, bons ou mauvais. Les parents doivent donc se soucier de l'éducation de leurs enfants, dont la conduite en dépend beaucoup ; et les enfants doivent se soucier de leur conduite envers leurs parents et dans le monde, puisque la joie et le chagrin de ceux-ci en dépendent. Certains interprètent ces mots mystiquement : le « père » serait Dieu, la « mère » l'Église, et les « fils » leurs enfants à tous deux ; ce qui peut fort bien décrire les partisans du Christ et ceux de l'Antéchrist, les uns sages, les autres insensés ; les uns agréables à Dieu, les autres non.