« Mais celui qui m'écoute » - Qui écoute la Sagesse, c'est-à-dire Christ ; le cri et l'appel dont on vient de parler ; la voix de son Évangile - pas seulement de l'extérieur, mais intérieurement : au point de la comprendre spirituellement et par expérience, de la distinguer de la voix d'un étranger ; de l'approuver, de la recevoir avec amour, d'y prendre goût et plaisir ; d'en sentir la puissance et d'y croire - pas seulement y donner son assentiment, mais la recevoir par la foi et s'approprier ce qu'elle contient. Et aussi la voix de ses préceptes, de ses ordonnances : au point de leur obéir de bon cœur, par amour, en visant sa gloire, et sans mettre en cette obéissance sa confiance ni son appui. Celui-là
« habitera en sécurité » - Et comment ne le serait-il pas, puisqu'il habite en Dieu : dans son cœur, « la retraite du Très-Haut » ; dans son amour éternel et immuable, qui fait qu'ils ne sont pas consumés ; dans l'alliance de sa grâce, ferme, sûre, inébranlable ; dans sa puissance, par laquelle et dans laquelle ils sont gardés comme dans une garnison, une forteresse, une place forte. Ils habitent en Christ, le Rocher des siècles, contre lequel les portes de l'enfer ne peuvent rien, et sur lequel leur âme est bâtie ; aussi restent-ils en sécurité au milieu des flots, des orages et des tempêtes qui s'abattent sur eux. Il est le refuge où ils courent, la place forte où ils se tournent et où ils sont à l'abri ; l'arche où ils voyagent en sûreté au milieu de toutes les vagues et les lames de l'affliction et de la tribulation ; leur citadelle contre Satan. Ils sont dans ses mains, d'où personne ne peut les arracher - le Seigneur leur justice, par qui Juda est sauvé et sous qui Israël habite en sécurité ; sa justice les met à couvert de la justice divine, de la malédiction de la loi et de la colère à venir. De plus, l'Esprit habite en eux, lui qui est plus grand que celui qui est dans le monde : quand l'ennemi vient comme un fleuve, l'Esprit du Seigneur lève contre lui un étendard. Les anges sont leurs gardiens et campent autour d'eux ; ils sont les habitants d'une ville forte, qui a le salut pour murailles et pour remparts. Et surtout, ils habiteront en sécurité dans l'autre monde, dans ces demeures et habitations éternelles que Christ prépare pour eux dans la maison de son Père - demeures sûres autant que lieux de repos paisibles, comme suit ;
« et il sera tranquille, sans craindre aucun mal » - Comme on peut l'être dès cette vie, dans le sentiment consolant du sang, de la justice et du sacrifice de Christ : appliqués et saisis par la foi, ils parlent de paix à la conscience et donnent la tranquillité de l'esprit. Un tel homme n'a pas de raison de craindre le malin, Satan, qui ne peut ni le dévorer ni le détruire ; ni le mal du péché - car s'il peut et doit craindre de le commettre, il n'a pas à craindre d'en être vaincu, de tomber sous sa domination, ni d'être par lui mis en condamnation ; ni le mal des jugements qui frappent un monde impie ; ni la mort et le jugement à venir ; ni l'enfer et la damnation éternelle. Et dans l'au-delà, il entrera dans la paix, délivré de tous les maux - naturels, moraux, spirituels - et de leur crainte, hors de portée de tous. Cette sécurité et cette protection promises ici à ceux qui écoutent Christ et croient en lui ont connu un accomplissement remarquable chez les Juifs croyants : peu avant la destruction de Jérusalem, ils furent avertis d'en sortir pour se rendre à un endroit appelé Pella, au-delà du Jourdain [35] ; ils le firent, et là ils furent en sécurité.
Notes
[35] Euseb. Eccl. Hist. l. 3. c. 5.