« La Sagesse crie au-dehors » - Ici, celle qui instruit dans tout ce livre est présentée sous le nom de « Sagesse ». Il ne faut pas y voir l'attribut de la sagesse divine déployé dans les œuvres de la création ; ni la lumière naturelle en l'homme ; ni la loi de Moïse donnée aux Israélites ; ni la révélation de la volonté divine en général, telle que les saintes Écritures la transmettent ; ni même l'Évangile et son ministère en particulier ; mais notre Seigneur Jésus-Christ. Car ce qui est dit de la Sagesse, ce qui lui est attribué dans ce livre - surtout aux chapitres 8 et 9 - montre qu'une Personne divine est visée, et convient au premier chef à Christ. On peut l'appeler « Sagesses » [26], au pluriel, comme dans le texte hébreu, à cause de la sagesse accomplie et parfaite qui est en lui : comme Personne divine, il est « le Logos », la Parole et la Sagesse de Dieu ; comme Médiateur, « tous les trésors de la sagesse et de la connaissance sont cachés » en lui (Colossiens 2:3) ; et comme homme, « l'Esprit de sagesse » repose sur lui sans mesure (Ésaïe 11:2).
Ce passage, avec la suite jusqu'à la fin du chapitre, est une prophétie du ministère de Christ aux jours de sa chair, et de son succès ; et des malheurs qui devaient tomber sur les Juifs pour l'avoir rejeté. La Sagesse est dite « crier », comme Christ l'a fait (Jean 7:28, 37). Le mot signifie crier aussi bien de douleur - comme Jésus a crié vers Jérusalem en pleurant sur elle (Matthieu 23:37 ; Luc 19:41) - que de joie, ce qui convient bien à l'Évangile tel qu'il l'a prêché : un son joyeux, comparé au son de la flûte, à l'opposé du ministère de Jean, qui était un chant de deuil (Matthieu 11:17). Car crier, ici, ce n'est rien d'autre que prêcher la Parole : un cri comme celui des hérauts qui proclament publiquement la paix ou la guerre ; c'est ainsi que la Sagesse, ou Christ, « proclame la liberté aux captifs » et « l'année de grâce du Seigneur » (Ésaïe 61:1-2). Ce cri s'est fait « au-dehors » de la ville de Jérusalem, et hors du territoire qu'on appelait proprement la Judée : Christ a d'abord prêché en Galilée. Ou bien ça peut viser le monde païen, où Christ a prêché, non en personne, mais par ses apôtres, envoyés dans le monde entier prêcher l'Évangile à toute créature.
« elle élève sa voix dans les rues » - Dans les rues de Jérusalem et d'ailleurs. Et ça ne contredit pas Matthieu 12:19, qui parle de crier en criailleur et en querelleur, d'élever la voix pour se vanter - deux choses que Christ n'a jamais faites ; il pouvait néanmoins crier et élever la voix dans les rues, c'est-à-dire y prêcher publiquement son Évangile, comme il l'a fait ; et il a aussi envoyé ses serviteurs dans les rues et les ruelles de la ville appeler les pécheurs par le ministère de la Parole (Luc 14:21) - ce qui peut viser aussi des lieux du monde païen, sens qu'il ne faut pas exclure. On peut aussi l'entendre au figuré du ministère public de la Parole et des ordonnances dans l'Église, appelée ses rues et ses grandes places (Cantique 3:2).
Notes
[26] twmkj « sapientiae », Montanus, Vatablus, Mercerus, Cocceius, Michaelis.