Et de plus, etc. Ou « outre » ce qui a été dit ; ou « pour ce qui reste » ; ou « mais ce qui est meilleur », ou « plus excellent », c'est d'« entendre la conclusion de tout le discours », la somme et la substance du livre entier en peu de mots (Ecclésiaste 12:13), à quoi les versets 9 à 12 servent de préface ; et où le sage recommande la lecture de ce livre et de ses autres écrits, et de ceux des autres sages inspirés de Dieu ; les siens, il les recommande particulièrement, par son caractère de sage et de laborieux, en ce verset ; et par la matière de ces écrits, leur nature, leur usage et leur excellence, et leur efficace et leur autorité, dans les deux suivants ;
parce que le prédicateur fut sage - il fut « prédicateur », prédicateur royal, prédicateur extraordinaire, digne d'être écouté ; il ne fait pas valoir son titre de roi, mais son caractère de prédicateur, pour recommander ce qu'il a écrit ; tout bon prédicateur mérite d'être écouté - non les prédicateurs ignorants de la loi, mais les ministres fidèles de l'Évangile, envoyés de Dieu, qui ont senti et éprouvé ce qu'ils livrent aux autres ; et surtout ceux qui sont sages autant que fidèles, comme le fut Salomon : beaucoup de sagesse lui fut donnée d'abord (1 Rois 3:12 ; 4:29-31), et il y crût ; et quoiqu'il ait tourné à la folie dans sa vieillesse, il s'en releva, et gagna par sa chute même plus de sagesse - à quoi il semble ici faire allusion : car « Kohéleth », que certains rendent « celui qui rassemble » - parce qu'il rassembla beaucoup de sagesse, et beaucoup de peuple pour l'entendre -, d'autres le rendent « rassemblé », c'est-à-dire ramené au troupeau et au bercail, à l'Église de Dieu, dont il s'était égaré (voir le commentaire sur Ecclésiaste 1:1) ; et ayant percé à jour les folies et les vanités de la vie, et étant relevé et rétabli, il était d'autant plus propre à enseigner et à instruire les autres (voir Psaume 51:12,13 ; Luc 22:32) ;
il enseigna encore la connaissance au peuple - ou « de nouveau », comme le Targum : après sa chute et son relèvement, il fit part de sa connaissance ; il ne cacha son talent ni dans la terre ni dans un linge ; ayant reçu gratuitement, il donna gratuitement, et ne retint rien de ce qui pouvait profiter à son peuple - le peuple de la maison d'Israël, comme dit le Targum : il leur enseigna la connaissance d'eux-mêmes, hommes déchus, impurs, impuissants et injustes ; la connaissance des créatures et de leur vanité - des richesses, des honneurs et des plaisirs, et des œuvres de justice pour sauver les hommes ; la connaissance du Christ, la Sagesse de Dieu - l'ancienneté de sa personne, ses gloires, ses excellences et ses beautés, comme dans les livres des Proverbes et des Cantiques ; la connaissance de Dieu, de sa crainte et de son culte, de sa pensée et de sa volonté ; et la connaissance de l'état futur et du jugement général, comme dans ce livre ; et il enseigna à proportion de sa propre connaissance - car on peut traduire ces mots avec les précédents : « plus le prédicateur fut sage, plus il enseigna la connaissance au peuple » ; il enseigna selon les capacités reçues, comme doivent faire les prédicateurs : plus il croissait en grâce et en connaissance, plus largement il en faisait part ; et cela « chaque jour », comme rend Aben Ezra - constamment, continuellement, sans relâche, à temps et à contretemps, comme font les fidèles ministres de l'Évangile ;
et il pesa - il prêta grande attention à ce qu'il entendait et à ce qu'il lisait, selon le conseil de l'apôtre (1 Timothée 4:13) ; ou il fit que d'autres entendent et prêtent attention à ce qui se dit, comme veut Aben Ezra : il captivait leur attention par ses discours pleins de vie ; ou, comme Kimchi, il pesait les choses en son esprit et à la balance du sanctuaire, et les considérait et digérait à fond avant de les livrer aux autres ;
et sonda - il fut fort diligent dans la recherche de la vérité : il fouilla pour elle les mines de la connaissance, les saintes Écritures, comme on fouillerait pour l'or et l'argent, selon sa propre direction (Proverbes 2:4,5) ;
et mit en ordre beaucoup de proverbes - trois mille (1 Rois 4:32) ; particulièrement ceux du livre qui porte ce nom, écrit par lui : il choisit les sentences les plus exquises, les plus denses et les plus frappantes, de lui et d'autres ; et il ne les entassa pas pêle-mêle, dans le désordre et la confusion, mais les rangea avec ordre et méthode, sous leurs chefs propres, et dans un style châtié, afin qu'elles fussent mieux reçues et plus aisément retenues. Le Targum porte :
« il fut attentif à la voix des sages, et sonda les livres de sagesse ; et, par un esprit de prophétie de devant le Seigneur, il composa des livres de sagesse, et de très nombreux proverbes d'intelligence. »