Comme tu ne sais pas quel est le chemin de l'esprit, etc. Si un homme pouvait certes prévoir et s'assurer d'un temps favorable pour semer et moissonner, ou d'une occasion propre de faire le bien, toutes circonstances concourant, il serait juste de l'attendre et de la saisir ; mais comme ces choses ne sont ni en notre pouvoir ni dans le champ de notre connaissance, il faut saisir la première occasion de faire le bien, et en remettre l'issue à la divine Providence - comme, en bien des choses de la nature, nous sommes et devons être contents d'ignorer, et de les laisser à Dieu, qui les opère par sa puissance et sa providence secrètes. Par exemple : nous ne connaissons pas « le chemin de l'esprit », ou « du vent », comme certains traduisent - d'où il vient et où il va, où et quand il tombera, ni quel vent soufflera ensuite ; ou de l'esprit ou de l'âme de l'homme - comment elle entre dans le corps ; ainsi le Targum :
« comment l'esprit du souffle de vie entre dans le corps d'un petit enfant ; »
si c'est par traduction, comme certains - ce qui n'est guère vraisemblable ; ou par transfusion ; ou par création de rien ; ou par formation de quelque chose de préexistant, avec infusion immédiate ; ou : « quel est le chemin du souffle » - du souffle de l'enfant dans le sein : respire-t-il ou non ? s'il respire, comment ? sinon, comment vit-il ? ou quel est le chemin de l'âme hors du corps, comment elle en sort quand le corps meurt ;
ni comment se forment les os dans le sein de celle qui est enceinte - ou qui est « pleine », grosse d'enfant ; ou « dans le sein plein » - plein de liquides, dont pourtant les os se dégagent, y croissent et s'y durcissent : comment tout cela se fait, nul ne le sait ; les « os » sont nommés parce qu'ils sont les parties les plus solides et les plus substantielles du corps, sa base et sa force, et parce qu'il peut sembler plus malaisé de concevoir comment une part de la semence se durcit en eux, quand d'autres se changent en peau et en chair ;
de même tu ne connais pas les œuvres de Dieu, qui fait tout - le Targum ajoute : avec sagesse ; comme les hommes ignorent bien des œuvres de la nature, ils ignorent celles de la Providence, surtout les futures : si l'on sera riche ou pauvre, si l'on aura des jours de prospérité ou d'adversité ; quelle sera sa fin ; si l'on n'aura pas besoin du secours d'autrui - de ceux mêmes, peut-être, à qui l'on donne maintenant, ou des leurs ; ou quelle sera l'issue des actes présents de bienfaisance et de libéralité : toutes choses, avec bien d'autres semblables, à laisser entre les mains de Dieu. Certains l'entendent de l'œuvre de la grâce et de la conversion - œuvre secrète et difficile, opérée par la seule puissance et la seule grâce de Dieu, et qui peut être commencée, ou le sera sous peu, chez un pauvre jugé indigne de la charité pour la prétendue absence de cette grâce - chose inconnue.