Ne maudis point le roi, non pas même dans ta pensée, etc. Fût-il un enfant, inhabile au gouvernement, adonné à ses passions et à ses plaisirs, et négligent des affaires du royaume : garde-toi non seulement de te rebeller contre lui, de lui faire nul tort ou d'en parler mal, mais jusqu'à lui souhaiter du mal, ou d'appeler en ton for intérieur quelque malheur sur lui ; prie plutôt pour lui, souhaite-lui du bien, et fais tout pour l'avancement de sa personne et de son gouvernement - et cela tant pour l'amour du Seigneur que par motif de conscience ; c'est pourquoi ne le maudis pas « dans ta conscience », comme certains traduisent. Jarchi l'interprète de Dieu, le Roi du monde (voir Job 2:9), et Jérôme du Christ, qu'il ne faut point blasphémer, de peur que les anges qui parcourent la terre ne le portent au ciel ;
et ne maudis point le riche dans ta chambre à coucher - les gouvernants et magistrats subalternes, les ministres et conseillers du roi, qui sont communément riches ; ces princes voluptueux mêmes, ci-dessus dépeints, qui s'abandonnent au manger et au boire et dissipent les deniers publics en festins et en divertissements somptueux : que l'on prenne pourtant garde à ce que l'on dit contre eux ; et que l'on soit circonspect non seulement dans les compagnies et les cercles où les mécontents parlent librement, en propos qui rabaissent, mais jusque dans sa propre maison, où les serviteurs peuvent entendre - et jusque dans sa chambre à coucher, où il n'y a que la femme et les enfants ;
car l'oiseau du ciel emporterait la voix, et l'animal ailé publierait la chose - expression hyperbolique, montrant que, par des voies et moyens étranges et imprévus, la trahison, si secrète soit-elle, viendra à la connaissance du roi et de ses ministres - comme si un oiseau, posé à la fenêtre ou passant à tire-d'aile au même instant, l'entendait et la leur portait : tantôt par le moyen des espions et des délateurs que les rois entretiennent en tous lieux pour leur rapporter la conduite et les sentiments des hommes - et c'est d'eux que certains entendent le passage ; tantôt par ceux qui veulent du mal aux coupables, ou qui sont fidèles sujets du roi. Les Perses avaient certains officiers appelés les oreilles du roi et les yeux de l'empereur, par le moyen desquels on croyait le roi un dieu, puisque, par les oreilles et les yeux d'autrui, par ces espions, il savait tout ce qui se faisait partout. Certains l'interprètent des anges, bons ou mauvais ; Jarchi, de l'âme de l'homme, qui à la fin s'envole au ciel - l'oiseau du ciel selon lui - et de l'ange qui lui est associé, son ange gardien, désigné, pense-t-il, par l'animal ailé, ou « le maître des ailes ».