On fait des festins pour se réjouir, etc. Ou : « ceux qui font du pain pour le rire » - non les boulangers, qui font le pain pour l'usage commun et pour toutes sortes de personnes, les affligés comme les autres ; mais les hommes voluptueux, et particulièrement les princes ci-dessus dépeints : ils « font du pain », c'est-à-dire un festin, selon l'usage de l'expression (Daniel 5:1), non pour le simple soutien, mais pour pousser la gaieté et la joie jusqu'à l'excès - avec les débauches et l'ivrognerie, la luxure et le dérèglement, les orgies et les danses ;
et le vin réjouit - ou : « et [ils préparent] le vin », fourni en abondance dans les festins, et parfois mis pour le festin même, appelé banquet de vin (Esther 7:2) - vin qui réjouit, et dont on boit en ces festins somptueux jusqu'à l'ivresse ; ou : « qui égaie la vie », comme il fait quand on en use avec mesure - « il réjouit les vivants », selon Aben Ezra ;
mais l'argent répond à tout - il tient lieu de tout, et par lui les hommes obtiennent tout ce qu'ils veulent et souhaitent ; il répond aux demandes de tous et les pourvoit de ce dont ils ont besoin ou qu'ils peuvent désirer : ces festins dispendieux mêmes, ces réceptions somptueuses, se font à prix d'argent ; et par ce train de luxe, les coffres des princes s'épuisent, et ils sont contraints de lever de nouveaux impôts et d'imposer de nouvelles taxes à leurs sujets, à leur oppression. Ou bien le sens peut être que les princes doivent y songer, et n'être pas si prodigues en leur manière de vivre, mais plus frugaux et plus soigneux des deniers publics, et les mettre en réserve contre le temps du besoin : car c'est l'argent qui répond à tout ; il est le nerf de la guerre quand elle s'élève ; il procurera hommes et armes pour se garantir et se protéger de l'ennemi, et obtenir paix et sûreté pour eux et pour leurs sujets - ce qu'autrement ils ne sauraient espérer.