Celui qui reprend un moqueur s'attire la honte. Cela laisse entendre que si les simples et ceux qui manquent d'intelligence, et dont on peut espérer quelque bien, doivent être invités dans la maison de la Sagesse, il n'en va pas de même du moqueur arrogant, du pécheur endurci, de celui qui se rit de toute religion, qui suit ses propres convoitises et qu'on ne peut ramener à rien : reprendre et exhorter de telles personnes, c'est jeter les perles devant les pourceaux et donner aux chiens ce qui est saint. Certes, l'Évangile doit être prêché à toute créature ; mais quand les hommes le méprisent et s'en moquent, il faut se détourner d'eux et ne plus rien leur dire. Ainsi les Juifs d'autrefois : ils furent les premiers invités au festin de l'Évangile, celui-là même que décrit le contexte ; ils n'en firent aucun cas, ils contredirent la Parole et blasphémèrent, et se jugèrent ainsi eux-mêmes indignes de la vie éternelle ; c'est pourquoi les servantes de la Sagesse, les serviteurs du Christ, reçurent l'ordre de se détourner d'eux, d'aller vers les païens et de leur annoncer l'Évangile. Car il ne sert à rien de s'adresser à de telles personnes : la « honte » en est la conséquence assurée, puisqu'on n'obtient pas ce qu'on visait, à savoir leur faire du bien.
Et celui qui reprend un méchant s'attire un affront. Cela montre qui est ce moqueur : un homme profondément corrompu, résolu à faire le mal, et parfaitement incorrigible. Le reprendre, ce n'est pas seulement peine perdue : celui qui s'y risque y gagne une mauvaise réputation, et il est sûr de recevoir la boue des insultes et de la calomnie - ce qu'un homme pourrait pourtant supporter patiemment s'il y avait quelque espoir de faire du bien.