« Car les lèvres de l'étrangère distillent le miel » - « Mulsa dicta », des paroles de miel, comme dit Plaute [101]. La Septante et la version arabe font précéder d'un membre de phrase absent de l'hébreu : « ne prête pas attention à une femme méchante » ; et la Vulgate : « à la tromperie d'une femme ». Mais nul besoin de ce raccord : tels quels, ces mots donnent la raison pour laquelle il fallait écouter la sagesse et l'intelligence, afin d'agir avec discernement et de parler en connaissance de cause - tant est grand le danger de se laisser entraîner par une femme mauvaise, débauchée et adultère ; les baisers de ses lèvres, ses bavardages et ses chansons, flattent les sens charnels des hommes comme le miel est doux au goût ; elle leur promet un monde de plaisirs dans ses bras et dans sa possession ; ainsi le poète [102] décrit une voix agréable comme plus douce que le rayon de miel.
« et son palais est plus onctueux que l'huile » - Ses beaux discours, ses mots enjôleurs, son langage flatteur et câlin, ses propos amoureux se glissent facilement dans le cœur des hommes, pour les gagner à l'écouter et à céder à ses tentations. Gersom interprète cette étrangère de la faculté imaginative, et Jarchi de l'hérésie ; on peut fort bien l'appliquer à la prostituée de Rome, qui, par les séductions de la pompe et de la grandeur et les appâts de la richesse, en attire beaucoup dans ses pratiques idolâtres - adultère spirituel, signifié par sa coupe d'or (Apocalypse 17:4).
Notes
[101] Plauti Bacehides, Act. 4. Sc. 9. v. 15. « Accede ad ignem hunc », Terent. Eunuehus, Act. 1. Sc. 2. v. 5. [rattaché dans l'original au verset 3 ; la référence Plaute vise « mulsa dicta »]
[102] fwna glukerwtera h melikhrw, Theocrit. Idyll. 21. [la voix plus douce que le rayon de miel]