« Saisis fermement l'instruction » - Non la loi, comme l'interprètent Jarchi et Gersom, mais l'instruction de la sagesse, la doctrine de Christ, l'Évangile (voir Proverbes 8:1-10) : instruction sur la pensée et la volonté de Dieu concernant le salut des hommes ; sur la grâce de Dieu - montrant que le salut, dans toutes ses parties, est de pure grâce ; sur la personne et les fonctions de Christ, et l'œuvre du salut par lui ; sur les doctrines de la paix, du pardon, de la justice et de la vie éternelle par lui. Il faut la « saisir fermement » : pour cela, y prêter garde et l'écouter attentivement ; y venir avec une affection cordiale et un désir ardent, sans quoi on ne la saisira jamais fermement - car saisir fermement suppose une attention soigneuse à l'Évangile, sa réception dans l'amour, et l'empressement à le posséder. On peut dire qu'ils le saisissent fermement, ceux qui le reçoivent dans le cœur et pas seulement dans la tête : la connaissance de tête ne suffit pas, il faut la connaissance du cœur ; on le saisit fermement quand il est mêlé de foi chez ceux qui l'entendent ; quand il est comme digéré et incorporé, et devient la parole implantée ; quand on y est conduit par expérience et par pratique, et qu'on n'est pas seulement auditeur mais pratiquant. Et l'ayant ainsi saisie,
« ne la lâche pas » - L'instruction de la sagesse, l'Évangile de Christ : ne le laisse pas tomber, ne t'en écarte pas, ne vacille pas à son sujet ; ne sois ni mou dans sa profession ni indifférent à son égard. « Ne sois pas relâché » [94], comme le mot le signifie ; ou : que ta main ne se relâche pas, ne lâche pas prise ; ayant, pour ainsi dire à deux mains, saisi fermement l'Évangile, tiens-le ferme : ne le laisse échapper ni par négligence et insouciance, ni par la fraude ou la force d'autrui.
« garde-la, car elle est ta vie » - Ce qu'on peut entendre soit de l'Évangile, l'instruction de la Sagesse, à garder comme un riche trésor dont on ne se sépare à aucun prix : il est le moyen de vivifier les pécheurs morts ; de montrer à ceux qui sentent leur état le chemin de la vie par Christ ; de produire en eux la foi, par laquelle ils vivent de lui ; d'entretenir et de soutenir en eux la vie spirituelle, et de les ranimer et de les consoler dans les circonstances les plus accablantes - on se séparerait aussi vite de sa vie que de lui ! Soit - puisque le féminin employé ici ne s'accorde pas avec le mot traduit « instruction » mais avec « sagesse » du verset 11, comme le note Aben Ezra - c'est Christ qui est visé : à garder comme la perle de grand prix, plus précieuse que les perles et que tout ce qu'on peut désirer ; et d'autant plus qu'il est la « vie » de son peuple : l'auteur et le soutien de leur vie spirituelle ; leur vie même, cachée avec lui - et parce qu'il vit, ils vivent aussi ; toutes les consolations et tous les secours de la vie viennent de lui ; et il est leur vie éternelle, donnée par lui et à travers lui, et qui consiste largement dans sa jouissance.
Notes
[94] Prt la « ne remittas », Tigurine version, Mercerus, Gejerus, Michaelis.