Ouvre la bouche pour celui qui ne peut parler : non pas les muets de naissance, mais ceux qui sont incapables de se défendre - soit qu'ils n'aient pas l'usage de la parole ou ne connaissent pas les lois, soit qu'ils soient trop intimidés et effrayés par la solennité d'un tribunal ou par ceux qui les accusent ; soit encore que, faute de langue, ils n'aient pas non plus la bourse nécessaire pour se faire défendre - comme l'orphelin et la veuve, dont le nom, en hébreu, vient justement de l'idée de mutisme. La mère de Lemuel lui conseille d'ouvrir la bouche librement, sans hésiter, avec assurance, et de plaider pour ces gens-là.
Dans la cause de tous ceux qu'on abandonne : ceux dont leurs accusateurs ont décidé la perte, et qui risquent d'y passer parce qu'on les charge de crimes capitaux - à moins que quelqu'un de sage, de puissant et d'influent n'intervienne pour eux. On peut aussi traduire : « dans la cause de tous les fils du changement », ou « du passage » : les fils de ce monde qui passe, comme dit Kimchi ; ou les orphelins, dont le soutien a disparu, comme dit Jarchi ; ou plutôt, selon d'autres, les étrangers, qui vont d'un lieu à l'autre, dont la situation est instable, qui peuvent ignorer les lois du pays où ils se trouvent et qui ont besoin qu'on parle pour eux.