De peur qu'en buvant ils n'oublient la loi : la loi de Dieu donnée par Moïse, que les rois d'Israël devaient recopier et relire chaque jour pour se la graver dans l'esprit, ne jamais l'oublier et toujours gouverner selon elle (Deutéronome 17:18,19) ; ou la loi de leurs ancêtres, ou celle qu'ils ont eux-mêmes établie, et que l'ivresse peut faire oublier - car ce vice engourdit l'esprit, abîme la mémoire et rend les hommes oublieux ;
et qu'ils ne portent atteinte au droit de tous les malheureux : un roi sur son trône ou un juge sur son siège, s'ils sont ivres, sont parfaitement inaptes à leur charge ; ils ne peuvent ni suivre la cause qu'on plaide devant eux ni en saisir les données ; et, comme ils oublient la loi qui leur sert de règle, ils se trompent sur le point en litige et prennent une chose pour une autre. Ils « changent » - c'est le sens du mot - le droit du malheureux lésé et lui donnent tort là où il fallait lui donner raison. Il est donc de la plus haute importance que les rois et les juges restent sobres.
Une femme condamnée injustement par Philippe, roi de Macédoine, alors qu'il était ivre, lui dit :
« J'en appelle à Philippe - mais quand il sera à jeun. »
Cela le fit réfléchir ; il réexamina l'affaire avec plus de soin et rendit une sentence plus juste.