Elle fait du linge fin et le vend : elle ne se contente pas de chercher la laine et le lin et de les filer, elle en fait du linge fin qu'elle écoule à son profit et à celui de sa famille. Kimchi dit que le mot désigne aussi bien les draps de nuit que les vêtements de jour ; il semble bien y voir des draps. La version arabe ajoute qu'elle le vend « aux habitants de Botsra ».
Au sens mystique, cela peut signifier soit les bonnes œuvres que l'Église accomplit et qu'elle propose en modèle à ses membres ; soit, selon d'autres, l'enseignement divin, la prédication de l'Évangile et ses vérités, qu'elle vend et que d'autres achètent - bien que ce soit sans argent et sans rien payer, car elle donne gratuitement ce qu'elle a gratuitement reçu ; soit la justice du Christ, appelée le fin lin et le vêtement blanc, laquelle à proprement parler est faite par le Christ, vendue par lui ou achetée de lui, comme on vient de le dire, sans argent (voir Apocalypse 19:8 ; 3:18). L'Église se l'approprie en la saisissant par la foi, et elle l'offre librement aux autres dans l'Évangile, appelé pour cette raison « le ministère de la justice » (2 Corinthiens 3:9) ;
et elle livre des ceintures au marchand, pour qu'il les écoule pour elle : soit pour les revendre à d'autres, comme aux prêtres égyptiens qui en portaient ; soit pour leur usage propre, pour y mettre leur argent, les ceintures servant de bourse (voir Gill sur « Matthieu 10:9 »). Ou : « une ceinture au Cananéen », les Cananéens ou Phéniciens étant généralement des commerçants, si bien que le mot en est venu à désigner un marchand.
On peut y voir les ministres de la Parole. Car si les prêtres de Rome sont appelés les marchands de la terre, et s'il est dit des faux docteurs qu'ils font commerce des hommes (Apocalypse 18:3 ; 2 Pierre 2:3), on peut aussi appeler marchands les ministres fidèles, qui trafiquent pour le bien des âmes et cherchent non pas ce qui leur appartient mais les âmes elles-mêmes, non pas leurs propres intérêts mais ceux du Christ. Et c'est à eux qu'est donnée « la ceinture de la vérité » ; et l'Église les exhorte, comme tous ses membres, à en ceindre leurs reins, afin d'être prêts à toute bonne œuvre et tout particulièrement à annoncer l'Évangile de la paix (Éphésiens 6:14,15).