Qui est monté dans les cieux, et qui en est descendu ? Qui y est allé chercher la connaissance de Dieu et des choses divines, et en est revenu pour la communiquer ? Hénoc avait été enlevé au ciel avant ce temps, et Élie, très probablement, après ; mais ni l'un ni l'autre n'en revinrent pour informer les mortels de ce qu'on y voit, y connaît et y goûte ; depuis, l'apôtre Paul fut ravi jusqu'au troisième ciel et en revint ; mais les choses qu'il y entendit étaient telles qu'il n'est pas permis à un homme de les exprimer ; et en vérité, depuis la venue du Christ, il n'est besoin d'aucune révélation nouvelle, ni d'aucune expédition de ce genre pour l'obtenir (Romains 10:6-8). Et, à proprement parler, il n'y a jamais eu personne, hormis celui dont les noms sont Ithiel et Ucal, qui ait fait cela : il était dans le sein du Père et connaissait toute sa pensée et sa volonté ; il descendit du ciel sur la terre, non par un mouvement local, mais en assumant notre nature ; et quand il eut fait connaître la volonté de son Père et accompli son œuvre, il monta bien au-dessus de tous les cieux et reçut des dons pour les hommes, afin d'en remplir ses Églises et ses ministres, pour communiquer et accroître la connaissance spirituelle et divine ; c'est pourquoi, avec beaucoup de justesse et d'à-propos, il s'applique ces paroles à lui-même (Jean 3:13) ;
qui a rassemblé le vent dans le creux de ses mains ? Aucune simple créature ; aucun homme ni aucun groupe d'hommes ; il n'est au pouvoir de personne, ni des hommes ni des anges, de retenir ou de lâcher les vents à volonté ; Satan lui-même, bien qu'appelé le chef de l'autorité de l'air, c'est-à-dire des démons qui sont dans l'air, n'a aucun commandement de ce genre sur eux ; nul autre que celui qui les a faits ne peut leur commander de souffler ou de se taire ; lui qui les tire de ses trésors, et son propre Fils, à qui les vents et la mer obéissaient (voir Psaume 135:7 ; Matthieu 8:26,27 ; 14:32). Les païens eux-mêmes sont si sensibles à ceci, que le pouvoir sur les vents n'appartient qu'à Dieu, qu'ils ont imaginé une divinité qu'ils appellent Éole, dont l'Être suprême aurait fait une sorte d'intendant ou de gardien des vents, lui donnant le pouvoir de les apaiser ou de les soulever à son gré ;
qui a serré les eaux dans un manteau ? Soit les eaux d'en haut, qui sont liées dans les nuées épaisses comme dans un vêtement qui les retient de se répandre ; soit les eaux de la mer, que le Seigneur manie aussi aisément qu'un parent son nourrisson, et qui est enveloppée d'un lange (Job 26:8 ; 37:8,9). Mais quelque créature peut-elle faire cela ? Nul autre que le Dieu puissant et son Fils tout-puissant, l'Ithiel et Ucal, qui revêt les cieux de noirceur et leur donne un sac pour couverture ; lui qui est le Rédempteur de son peuple et qui a la langue des savants pour lui dire une parole à propos (Ésaïe 50:2-4) ;
qui a établi toutes les bornes de la terre ? Qui a fixé les limites des diverses parties du monde, l'Europe, l'Asie, l'Afrique et l'Amérique, et des divers pays qui s'y trouvent ? Qui a posé les fondements de la terre et garanti ses rives et ses bords contre la fureur de la mer ? Nul autre que ceux qui sont nommés ensuite (voir Job 38:4,5) ;
quel est son nom, et quel est le nom de son fils, si tu le sais ? Si tu es sûr que c'est un simple homme qui fait toutes ces choses, dis son nom ; ou, s'il est mort, dis quel est le nom de son fils ou de quelqu'un de sa famille ; c'est ainsi que Jarchi et d'autres l'interprètent. Ou plutôt, puisque c'est au Seigneur seul et à son propre Fils que ces choses peuvent être attribuées, dis quel est son nom, c'est-à-dire sa nature et ses perfections, qui sont incompréhensibles et ineffables ; autrement il est connu par son nom de Jéhovah, et surtout tel que son nom est proclamé dans le Christ et manifesté par lui et dans son Évangile ; et puisqu'il a un fils de même nature que lui, possédant les mêmes perfections, consubstantiel et coexistant, égal à lui en tout point et personne distincte de lui, dis aussi quelles sont sa nature et ses perfections ; raconte sa génération et la manière dont elle se fait ; sa filiation divine et de quel ordre elle est ; choses qui sont hors de la portée de la capacité humaine et que la langue des hommes et des anges ne saurait exprimer (voir Matthieu 11:27 ; 16:15-17). Au reste, bien que son nom ait été quelque temps un secret, et qu'il n'ait été appelé que la semence de la femme et d'Abraham (Genèse 3:15 ; 22:18 ; 32:29 ; Juges 13:17,18), il reçut pourtant beaucoup de noms sous l'Ancien Testament : Shilo, Emmanuel, le Merveilleux, le Conseiller, le Dieu fort, le Père éternel et le Prince de paix ; l'Éternel notre justice, et l'Homme, le Germe ; et sous le Nouveau Testament : Jésus le Sauveur, Christ l'Oint ; le Chef de l'Église, le Juge du monde ; la Parole de Dieu, le Roi des rois et le Seigneur des seigneurs. Ce passage de l'Écriture est une preuve que le Christ est le Fils éternel de Dieu ; de son égalité, comme tel, avec son Père divin, leur nom et leur nature étant également ineffables ; de sa coexistence, comme tel, avec son Père ; de son omniprésence et de son omnipotence, exprimées par les expressions employées ici de monter, etc. ; et de sa personnalité distincte de celle du Père, la même question étant posée distinctement à son sujet et au sujet du Père. Certains rendent le dernier membre : « le sais-tu ? » ; tu ne connais pas Dieu ni son Fils ; leur être et leurs perfections ne se connaissent pas par la lumière de la nature, mais seulement par la révélation, et encore imparfaitement.