N'accuse pas un serviteur auprès de son maître : à tort, à la légère et sans aucun fondement, ni pour une bagatelle ; à moins que ce ne soit dans une affaire de poids et d'importance, quand les affaires de son maître sont gravement négligées ou qu'il lui cause un dommage dans ses biens. Il faut surtout prendre garde de ne pas calomnier un serviteur, de ne pas l'attaquer de la langue, comme le mot le signifie ; il faut considérer sa situation de serviteur, et combien les maîtres sont enclins à être sévères envers eux ; on doit donc leur cacher les petites choses, et bien moins encore les aggraver, et surtout ne pas dire de faussetés sur leur compte. Ainsi Doëg l'Édomite accusa David auprès de Saül, et les pharisiens accusèrent les disciples du Christ auprès de leur Maître (1 Samuel 22:9 ; Matthieu 15:2) ; le conseil de l'apôtre est bon et s'accorde avec celui d'Agur (Romains 14:4) ;
de peur qu'il ne te maudisse, et que tu n'en portes la peine ; ou « et que tu ne pèches », c'est-à-dire ensuite, et que la malédiction qu'il a souhaitée ne vienne sur toi ; ou bien le sens est : de peur qu'il ne te maudisse devant les hommes et ne nuise à ton caractère et à ta réputation ; ou qu'il n'appelle sur toi une malédiction de la part du Seigneur, que celui-ci peut laisser venir sur toi pour ton péché. Aben Ezra interprète ceci d'un serviteur qui s'enfuit des pays païens vers la terre d'Israël pour s'y faire prosélyte, et qu'il ne faut pas découvrir ni renvoyer à son ancien maître.