« Car le pervers est en abomination au Seigneur » - L'homme tordu, qui déplaît à Dieu et est contraire à tous les hommes, comme l'étaient les Juifs ; tordu dans ses paroles et ses actes ; « qui transgresse la loi », comme traduit la version arabe : celui qui agit contre la nature, la volonté et la parole de Dieu. Un tel homme n'est pas seulement abominable à ses yeux : il est une « abomination » - c'est le péché, cette chose abominable que Dieu hait, qui le rend tel ; et le Targum : « car l'iniquité est abominable devant le Seigneur ».
« mais son secret est avec les justes » - Non ceux qui ne le sont qu'en apparence devant les autres, ou qui se persuadent de l'être, ou qui cherchent la justice par leurs œuvres ; mais ceux qui sont justifiés par la justice de Christ, que la foi reçoit de lui, et qui en conséquence vivent dans la sobriété et la droiture. Avec eux est le « secret » du Seigneur : le secret de son amour, de sa grâce et de sa faveur, qui est de toute éternité et se manifeste dans la régénération ; de ses desseins de grâce - élection, rédemption, appel, adoption - qui se font connaître dans l'appel efficace ; de son alliance : qu'il est leur Dieu d'alliance, que Christ est leur tête et Médiateur d'alliance, et qu'ils ont part à toutes ses grâces, bénédictions et promesses ; de l'Évangile et de ses mystères, qui restent des mystères pour les hommes charnels ; de ses providences - ce qu'il fait, ce qu'il s'apprête à faire et fera plus tard (Amos 3:7) ; et de la communion avec lui. L'expression dit l'amitié et la familiarité : Dieu traite le juste comme on traite un ami intime - il converse librement avec lui et lui découvre ses secrets ; le Targum, le syriaque et la Vulgate traduisent d'ailleurs par « entretien familier » (voir Job 29:4-5 ; Psaume 25:14).