« Heureux l'homme qui a trouvé la sagesse » - Certains rattachent ces mots à ce qui précède : l'homme de bien, même châtié par le Seigneur, est un homme heureux - non seulement parce que ses châtiments sont d'amour et pour son bien, mais parce qu'il y gagne en connaissance et en intelligence spirituelles (voir Psaume 94:12). Aben Ezra les rattache autrement : « heureux l'homme qui trouve la sagesse », car par elle il se garde de pécher, en sorte que les châtiments ne viennent pas sur lui. Mais il vaut mieux y voir la reprise et le développement de l'éloge de la sagesse et de ses avantages, commencé au chapitre précédent. La sagesse, c'est Christ, et sa connaissance salvatrice par le moyen de son Évangile. Le « trouver » suppose qu'on le cherche - ce qui ne vient pas de la nature mais de la grâce de Dieu, et suit la vue du besoin qu'on a de Christ et de son prix ; et cela se fait dans l'usage des moyens : la lecture, la prière, l'assiduité à la Parole et aux ordonnances. Le trouver n'est rien d'autre que le posséder par la foi : le voir, le saisir, l'avoir à soi. On le trouve dans l'alliance de grâce, dont il est le Médiateur, le garant et le messager ; dans l'Évangile, qui est plein de lui ; dans ses promesses, qui le présentent avec les bénédictions de sa grâce ; dans les ordonnances, qui dirigent vers lui et où il se montre. Car on ne le trouve ni par la lumière de la nature, ni par la raison charnelle, ni par la loi de Moïse, mais par le moyen de l'Évangile, accompagné de l'Esprit de sagesse et de révélation dans sa connaissance. Et heureuse trouvaille, qui remplit celui qui la fait d'une joie inexprimable (voir Jean 1:41) !
« et l'homme qui obtient l'intelligence » - Christ, et une intelligence spirituelle de lui. Ce n'est pas une acquisition propre de l'homme : l'intérêt en Christ ne s'obtient par rien de ce qui vient de l'homme - ni par ses bonnes œuvres, qui sont des fruits de la grâce ; ni par la foi et la repentance, qui sont elles-mêmes des dons de la grâce ; il est donné. « Obtenir » signifie ici, comme avant, posséder et jouir de Christ comme du pur don de Dieu - comme on dit d'un homme qu'il obtient la faveur de Dieu quand il en jouit, avec ses effets, pour avoir trouvé Christ (Proverbes 8:35, où le même mot est employé). Le mot signifie « tirer dehors » [67] : comme on tire les métaux de la terre en cherchant et en creusant, ou l'eau d'un puits ; ainsi Christ, et sa connaissance, se tirent des mines et des sources des Écritures, par ceux qui le cherchent comme il faut. Aben Ezra l'interprète : celui qui la tire d'un autre et l'apprend - le vrai croyant écoute et apprend du Père, et ainsi vient à Christ et le possède (Jean 6:45). Le Targum : « qui fait jaillir l'intelligence », comme l'eau d'un puits ou d'une source ; de son cœur, dit Gersom ; ou, selon Jarchi, celui qui a appris la sagesse au point qu'elle est prête à jaillir de sa bouche : de l'abondance du cœur, la bouche parle - ceux qui connaissent Christ ne peuvent pas ne pas dire aux autres les choses qu'ils ont entendues et vues (Matthieu 12:34-35 ; Actes 4:20).
Notes
[67] qypy « educet », Montanus ; « eruit », Tigurine version, Vatablus.