« Mon fils, ne méprise pas le châtiment du Seigneur » - Ceci semble introduit pour prévenir une objection contre la promesse d'abondance qui précède : les enfants de Dieu sont souvent affligés en ce monde, même les sages et les pieux, ceux qui craignent le Seigneur et qui l'honorent - ce dont la raison est donnée au verset 12. Ces mots sont cités en Hébreux 12:5-6, et présentés comme une exhortation adressée à des enfants, les enfants de Dieu : ce qui montre que « mon fils » ne désigne pas une personne en particulier - ni ici ni ailleurs dans ce livre où la même expression revient. Il ne faut le limiter ni à un fils de Salomon selon la chair, ni à ceux qui venaient à lui pour être instruits, ni à tout le peuple de Dieu de son temps : le passage vise les Juifs du temps des apôtres, et même tous les enfants de Dieu de tous les âges, qui endurent plus ou moins des afflictions - appelées ici « le châtiment du Seigneur » parce qu'elles viennent de lui : quelle que soit la part des hommes, des démons ou des causes secondes, elles viennent originellement du Seigneur, envoyées ou permises par lui ; elles sont réglées par lui, ordonnées, limitées, contenues, et tournées à sa gloire et au bien de son peuple. Ce ne sont pas des châtiments de colère et de justice vindicative - ce qui contredirait la satisfaction de Christ, la justice de Dieu, son amour éternel et immuable, sa parole et son serment - mais des châtiments d'amour : les corrections d'un père, qui traite les siens comme des enfants et s'en sert pour leur bonne discipline et leur instruction, comme le mot [65] le signifie ici. Il ne faut donc pas les « mépriser » - les prendre en dégoût et en horreur, comme une nourriture ou un remède déplaisants ; ou comme inutiles et sans profit, indignes d'attention ; ou comme des choses insignifiantes, sans considérer d'où elles viennent et pourquoi elles sont envoyées - mais au contraire les tenir pour utiles et salutaires (voir Job 5:17).
« et ne te lasse pas de sa correction » - De sa « réprimande », de son « reproche » [66], comme en Hébreux 12:5 : « quand il te reprend » - non dans la colère et la fureur, mais dans l'amour, comme avant. La correction, comme le châtiment, suppose une faute chez celui qui est corrigé, car Dieu ne corrige que pour le péché ; et une autorité chez celui qui corrige - lui qui, Père des esprits et notre Dieu et Père d'alliance en Christ, a le droit de le faire. Il corrige par son Esprit, par sa parole, par ses ministres, et par ses providences affligeantes - c'est de ces dernières qu'il s'agit ici ; et c'est toujours pour le bien, au bon moment, quand c'est nécessaire, avec mesure et avec discernement. Les enfants ne doivent pas s'en « lasser » comme d'une chose pénible et intolérable, et surtout pas se lasser de la vie à cause d'elles - sens du mot en Genèse 27:46 - comme il est arrivé à Job et à d'autres ; mais les porter calmement, paisiblement, avec patience, sans se ronger ni murmurer ; ne pas « défaillir », comme traduit Hébreux 12:5, ni s'effondrer sous le poids, mais le soutenir avec courage. Les deux extrêmes où l'homme est porté sont ici visés : d'un côté, faire peu de cas de l'affliction, la braver, n'en être pas touché, ne pas s'humilier sous la main puissante de Dieu, ne pas considérer la verge ni celui qui l'a ordonnée ; de l'autre, grossir l'affliction, comme si nulle douleur n'était comparable à la sienne, et se laisser abattre et submerger.
Notes
[65] rswm « disciplinam », V. L. Cocceius, Schultens ; « eruditionem », Junius & Tremellius.
[66] wtjkwtb « ad increpationem ejus », Tigurine version, Mercerus, Gejerus ; « redargutionem ejus », Cocceius ; « sub redargutione ejus », Schultens.