Celui qui se confie dans son propre cœur est un insensé ; car les pensées et les imaginations des pensées du cœur ne sont que mal, et cela continuellement ; elles sont vaines et vagabondes, coupables et corrompues ; les affections y sont déréglées, la conscience souillée, l'intelligence obscurcie, la volonté perverse ; il n'y a rien de bon en lui, ni rien de bon qui en sorte, mais tout le contraire ; il est trompeur et désespérément mauvais. Il faut être insensé et ignorer le mal qui ronge son cœur pour s'y fier ; et même pour un homme de bien, se fier à soi-même et à la sincérité de son cœur, comme fit Pierre, ou aux bonnes dispositions de son cœur, comme beaucoup le font, c'est agir en insensé. Et sont surtout des insensés ceux qui, comme les scribes et les pharisiens, se confient en eux-mêmes et se croient justes en méprisant les autres, alors que la meilleure justice d'un homme est impure et imparfaite et ne peut le justifier aux yeux de Dieu. Et c'est encore une faiblesse et une folie que de se fier à la sagesse et au conseil de son cœur, de s'appuyer sur sa propre intelligence, même dans les choses naturelles et civiles, sans demander la sagesse à Dieu ni prendre l'avis des hommes, et surtout dans les choses religieuses et sacrées (voir Proverbes 3:5,6) ;
mais celui qui marche dans la sagesse - comme fait celui qui marche selon la règle de la Parole divine ; qui prend les témoignages du Seigneur pour ses conseillers ; qui consulte ses saints écrits et en suit les indications ; qui marche en ayant le Christ pour modèle, en prenant l'Esprit de Dieu pour guide et en marchant selon lui et non selon la chair ; qui marche avec les sages et prend leur avis dans toutes les affaires importantes, sans se fier à sa propre sagesse et à sa propre connaissance ; qui marche d'une manière digne de l'Évangile du Christ et dans toutes ses ordonnances ; qui marche sans donner d'occasion de chute à personne, avec sagesse envers ceux du dehors et avec amour envers ceux du dedans ; qui marche avec circonspection, non comme un insensé mais comme un sage, rachetant le temps -
celui-là sera délivré : délivré des pièges de son propre cœur trompeur, auquel il ne se fie pas ; des tentations de Satan ; de toutes les afflictions et de toutes les épreuves qu'il rencontre en chemin ; d'une défection finale et totale ; et de la mort et de la perdition éternelles. « Il sera sauvé », comme le rendent certaines versions, et même d'un salut éternel. Le Targum porte :
« il sera protégé du mal. »