Qu'un autre te loue, et non ta propre bouche. Il faut faire des choses dignes de louange, et les faire ouvertement, afin qu'on les voie et qu'on nous en loue ; car il est honorable d'avoir un caractère comme celui de Démétrius, à qui tous rendaient un bon témoignage, ou comme celui du frère dont la louange, dans l'Évangile, était répandue dans toutes les Églises. Être loué par d'autres, par quiconque sinon soi-même, tourne à notre crédit et à notre réputation ; mais rien ne leur nuit plus que de se louer soi-même (voir 2 Corinthiens 10:18). Il est vrai que dans certains cas un homme doit faire son propre éloge : quand la gloire de Dieu, le crédit de la religion, la cause de la vérité ou la nécessité de se défendre l'exigent - comme le prophète Samuel, l'apôtre Paul et d'autres y ont été contraints (1 Samuel 12:3 ; 2 Corinthiens 11:12, etc.).
Qu'un étranger te loue, et non tes propres lèvres. Par « étranger » il faut entendre tout autre que soi-même ; et si c'est quelqu'un qu'on ne connaît pas ou avec qui l'on a peu de rapports, et surtout un homme d'un autre pays, qui ne nous connaît pas personnellement mais seulement par le bon témoignage qu'on lui a rendu ou par la lecture de nos écrits, et à plus forte raison un homme qui nous serait par ailleurs opposé, en être loué est un grand honneur ; et une telle louange vaut infiniment mieux que celle qu'on se donne à soi-même, laquelle en vérité n'en est pas une.