Celui qui bénit son ami à voix haute - de manière à être entendu non seulement de lui, mais de tous ; celui qui pousse ses louanges et ses éloges jusqu'à l'extravagance, qui passe toutes les bornes de la modestie, de la vérité et de la bienséance, qui affecte les grands mots et les expressions hyperboliques, et se montre ainsi un véritable sycophante et un flatteur, ayant quelque motif intéressé -
dès le matin : de peur qu'un autre ne le devance et n'obtienne à sa place l'avantage qu'il cherche par ses flatteries ; ou comme s'il n'avait pas assez de la journée pour achever son éloge, s'il ne s'y prenait dès le matin pour continuer ensuite tout le jour ; ce qui marque qu'il ne cesse jamais ce métier, harpant toujours sur la même corde et parlant sans cesse sur ce ton adulateur. Ou bien cela est mentionné comme une circonstance aggravante : qu'il fasse ce vil, ce bas et ce coupable métier au moment même où il devrait s'occuper de dévotion et de prière ;
c'est pour lui compté comme une malédiction : soit pour le flatteur, compté comme tel par l'ami qu'il bénit et par tous les gens sensés qui l'entendent, et qui le mépriseront comme s'il l'avait maudit - la Septante, la version syriaque et la version arabe traduisent d'ailleurs en ce sens : un tel homme ne diffère en rien, ou ne semble en rien différer, de celui qui maudit ; soit pour celui qu'on bénit, que d'autres maudiront, ou du moins dont ils rabaisseront la réputation à cause des louanges outrées qu'on lui a prodiguées ; et parfois Dieu lui-même maudit l'homme qui prête l'oreille aux flatteries grossières des méchants, s'y complaît et les reçoit - comme dans le cas d'Hérode (Actes 12:22,23).