Celui qui médite de faire le mal, on l'appellera un maître en méchanceté. Faire le mal est naturel à l'homme, tous y sont enclins, ayant été conçus et enfantés dans le péché, et le commettant plus ou moins dès le sein maternel ; mais qu'un homme s'asseye et machine le mal, comme il y en a qui sont des inventeurs de choses mauvaises, qui imaginent de nouveaux péchés ou du moins de nouvelles manières de pécher - de nouveaux jurons, de nouveaux jeux, de nouvelles manières de tromper et de duper les gens -, et qui passent leur temps à étudier et à combiner les moyens de commettre le péché et de faire ce qui est mal aux yeux de Dieu et des hommes : un tel homme, à bon droit, peut être appelé, et sera appelé par ceux qui le connaissent, un homme malfaisant, un être pernicieux qu'il faut fuir et éviter ; on le tiendra et l'appellera « maître » ou « auteur de mauvais desseins », comme on peut traduire - titre bien conforme à son caractère.