Pour qui les malheurs ? En ce monde et dans l'autre, dans le corps et dans l'âme : maladies du corps, détresse de l'esprit, dissipation du bien, et toutes sortes de maux et de calamités ; si quelqu'un les a, c'est l'ivrogne. De la débauche, le Saint-Esprit passe à l'ivrognerie, qui l'accompagne généralement, et il en détourne en montrant les maux qu'elle entraîne.
Pour qui les chagrins ? Par les douleurs du corps, le mal de tête, etc. ; ou par les tourments de l'esprit et les remords de la conscience pour le péché commis ; ou par la pauvreté et le besoin - Aben Ezra tire le mot d'une racine signifiant « pauvre », et l'on peut traduire : « pour qui la pauvreté ? » Pour l'ivrogne (voir verset 21).
Pour qui les querelles ? Les disputes et les procès, qui viennent souvent des beuveries.
Pour qui les plaintes ? Ou : « le bavardage », auquel les ivrognes sont sujets : beaucoup de paroles creuses, de propos stupides, de langage grossier, de moqueries et de railleries, surtout contre la religion et les gens pieux ; et parfois même ils sont pleins de discours religieux et se donnent, dans leur ivresse, de grands airs de piété et de savoir, alors que, dégrisés, ils n'y songent ni n'en parlent le moins du monde.
Pour qui les blessures sans raison ? Des paroles, les ivrognes en viennent souvent aux coups ; ils se battent entre eux sans le moindre motif, et se font rosser pour rien.
Pour qui les yeux rouges ? Pour l'ivrogne, dont les yeux sont enflammés par le vin ou par les boissons fortes ; car en boire souvent et à l'excès rend les yeux malades et affaiblit la vue, ou du moins laisse dans les yeux et sur le visage une rougeur à laquelle on reconnaît ces fils de Bacchus. On remarque ainsi de l'empereur Vitellius qu'il avait le visage habituellement rouge à force d'ivrognerie. Hiller traduit « les yeux noirs », c'est-à-dire les yeux pochés par les coups reçus, le mot ayant en arabe ce sens ; ce qui s'accorde avec le membre précédent et est appuyé par la Septante, la version syriaque et la version arabe.