Car la prostituée est une fosse profonde ; ou : « comme une fosse profonde », dit Aben Ezra ; à quoi on peut la comparer à cause de la souillure de ses débauches, de sa convoitise insatiable, et de ce qu'elle n'est jamais rassasiée de ce qu'elle reçoit de ses amants. Plaute la compare à la mer, qui engloutit tout ce qu'on lui donne sans que rien y paraisse ; et un autre appelle la prostituée Charybde, parce qu'elle avale et dévore tout ce qu'un homme possède. Elle est comme une fosse sans fond, où ceux qui tombent s'enfoncent toujours plus bas, jusqu'à ce qu'ils arrivent à l'abîme sans fond ; car on se relève rarement de ce mal affreux.
Et l'étrangère est un puits étroit : quand on y tombe, on s'y meurtrit affreusement en heurtant les parois, et l'on ne peut s'en tirer, ou du moins pas aisément, mais à grand-peine, quand on le peut. Tout cela s'applique fort bien à la prostituée de Rome et à la souillure de ses débauches, et à l'état affreux de ceux qui se laissent entraîner à se prostituer avec elle.