Les regards hautains et le cœur enflé : les premiers sont le signe du second, et ils vont d'ordinaire ensemble, et tous deux sont en horreur au Seigneur (voir Psaume 101:5 ; Proverbes 6:16,17). L'homme qui regarde les autres de haut et avec dédain montre que l'orgueil règne en lui et lui enfle l'esprit d'une vaine opinion de lui-même ; on peut l'observer chez tout homme qui se croit juste, et la parabole du pharisien et du publicain en est le commentaire. Il arrive parfois qu'un cœur orgueilleux se déguise sous des dehors d'humilité, mais l'orgueil du cœur se trahit souvent par le regard. On peut traduire : « l'élévation des yeux et la dilatation du cœur », à ne pas prendre en bonne part - ni de l'élévation des yeux dans la prière à Dieu, avec foi et crainte ; ni de la dilatation du cœur par une vaste sagesse et un vaste savoir, comme celle de Salomon ; mais en mauvaise part, des regards hautains et de l'arrogance d'un homme envers ses semblables, et de ses désirs sans bornes de gain honteux ou de plaisirs coupables. Le Targum traduit :
« l'enflure du cœur »,
d'orgueil et de vanité.
Et le labour des méchants n'est que péché : pris au sens littéral. Non que le labour soit en lui-même un péché, car c'est une invention fort utile et fort bénéfique aux hommes, et qu'il faut rapporter à Dieu lui-même - les païens le sentaient si bien qu'ils avaient une divinité à qui ils l'attribuaient, et qu'ils appelaient Cérès, du mot signifiant labourer. Cela veut seulement dire que toutes les actions civiles d'un méchant, l'une étant mise pour toutes, sont accompagnées de péché : il pèche en tout ce qu'il fait. Ou bien, au sens figuré, il s'agit de ses plans, de ses combinaisons et de ses projets, qui sont le labour de son esprit : tous sont coupables ou tendent au mal. Certains l'entendent particulièrement de ses regards hautains et de son cœur orgueilleux, qui sont son labour et son péché - ainsi Ben Melech ; d'autres, de la manière dont il « laboure », c'est-à-dire persécute et opprime les pauvres. Le mot signifie parfois une lampe ou une lumière, et certains traduisent ici : « la lampe des méchants est péché » ; leur bonheur et leur prospérité extérieurs les entraînent au péché, les chargent de culpabilité et les mènent ainsi à la ruine - c'est le sens que suivent le Targum, la Septante, la Vulgate, la version syriaque et la version arabe.