Le méchant sert de rançon pour le juste : non pas pour lui obtenir satisfaction, comme le Christ est la rançon des siens ; mais en ce sens qu'une rançon se met à la place d'un autre, ainsi le méchant vient à la place du juste et prend le malheur dont celui-ci est délivré - comme Haman pour Mardochée, exemple que cite Jarchi (voir Proverbes 11:8) ; ou quand un peuple est menacé de la vengeance divine et que celle-ci tombe sur les méchants dont les péchés l'ont attirée, tandis que les justes en sont délivrés, comme dans les cas d'Acan et des sept fils de Saül (Josué 7:26 ; 2 Samuel 21:1-6). Et parfois Dieu détourne la colère des princes de la terre de son peuple et la fait tomber sur les méchants, qui deviennent ainsi leur rançon : ainsi Sennachérib se proposait de détruire les Juifs, mais la providence l'appela à fondre sur les Égyptiens, les Éthiopiens et les Sabéens, dont il est dit pour cela qu'ils furent leur rançon (voir Ésaïe 43:3). Et parfois les méchants sont le moyen de la rançon ou de la délivrance des justes, comme Cyrus le fut pour les Juifs. Et l'on peut se demander, puisque le mot employé signifie un « couvert », s'il ne comporterait pas ce sens : que les méchants servent de couverture aux justes et souvent les protègent et les défendent - comme la terre secourut la femme (Apocalypse 12:16).
Et le traître pour les hommes droits : ce ne sont que d'autres noms pour les mêmes personnes, les mauvais et les bons, et le sens est le même que précédemment.