Beaucoup d'hommes proclament chacun sa bonté : ainsi fit le pharisien (Luc 18:11,12), et ainsi faisaient les pharisiens en général, qui faisaient toutes leurs œuvres pour être vus des hommes, nettoyaient le dehors de la coupe et du plat, et prenaient grand soin de paraître justes aux yeux du monde (Matthieu 23:5,25,28). Et c'est bien là le penchant général des hommes : chacun proclame sa bonté et voudrait passer pour un homme de bien, et ne se satisfait pas d'avoir fait une bonne action si on ne la sait pas - surtout quand il s'agit d'actes de générosité et d'aumônes ; et ils font comme les pharisiens, qui en pareille occasion faisaient sonner la trompette devant eux (Matthieu 6:2). Le mot peut se rendre par « sa miséricorde », sa bonté envers les pauvres ; le Targum traduit :
« beaucoup d'enfants des hommes sont appelés miséricordieux » ;
et de même la Vulgate ; et ils aiment à être ainsi appelés et tenus pour tels, qu'ils le soient ou non.
Mais un homme fidèle, qui le trouvera ? Qui répond au portrait qu'il fait de lui-même, ou que d'autres font de lui sur la foi de sa propre présentation ; qui tient sa parole et qui, ayant promis aide et secours, les donne ; et qui, après s'être vanté d'avoir obligé un tel, en fait autant pour un autre quand on s'adresse à lui ; ou qui s'attache à son ami et ne l'abandonne pas dans l'adversité, mais le soutient et le secourt, lui qu'il a connu dans la prospérité : un tel homme est difficile et rare à trouver (voir Psaume 12:1). Ou bien : quoique tout homme parle de ses bonnes œuvres et se vante de sa bonté, il est difficile de trouver un vrai Israélite en qui soit la grâce véritable de Dieu.