« Alors tu comprendras la justice et le droit » - Autre fruit, autre effet de l'Évangile et de son intelligence spirituelle : outre la connaissance de Dieu et de la manière de se conduire avec respect envers lui (Proverbes 2:5), il donne aux hommes le sens de ce qui est droit et juste entre eux ; il leur donne une intelligence non seulement théorique mais pratique de la justice, et un jugement vrai du bien et du mal - ou plutôt une intelligence telle qu'ils la mettent en pratique : car il apprend aux hommes à vivre dans le siècle présent selon la sagesse, la justice et la piété (Tite 2:11-12). Il n'est pas seulement la révélation et le ministère de la justice de Christ, seule matière de la justification du pécheur devant Dieu ; il n'éclaire pas seulement le jugement, pour distinguer la vérité de l'erreur, le bien du mal, les bonnes et les mauvaises idées et pratiques : il agit sur les actions, la vie et la conduite, et engage à faire des œuvres de justice à partir des meilleurs principes, pour les meilleurs motifs et dans les meilleures vues.
« et l'équité ; oui, tout bon sentier » - Comprendre l'équité au point de pratiquer ce qui est équitable entre les hommes ; et comprendre tout bon sentier où la parole de Dieu dirige - tous les commandements et toutes les ordonnances du Seigneur - au point d'y marcher : voilà ce que l'Évangile fait connaître et presse d'observer. On peut aussi traduire : « la droiture », ou « l'équité de tous les bons sentiers », comme la version syriaque - combien chacun est juste, droit, uni et équitable, et mérite donc qu'on y marche ; ou « toute planéité », « très uni sera tout bon sentier » [41], pour ceux qui ont une connaissance spirituelle et vécue de l'Évangile, et par lui l'intelligence de leur devoir. Un des mots signifie « uni » et « droit », un autre « rond » [42] ; et les deux sont vrais du sentier de la justice : car si les saints y marchent dans un cercle de devoirs, il est pourtant droit et uni.
Notes
[41] Ainsi Schmidt.
[42] µyrçym « complanationes », Schultens ; lg[m « orbitam », Montanus ; « ab lg[ rotundus », Gejerus.