Tous les frères du pauvre le détestent : ils le méprisent à cause de sa pauvreté, ils le négligent, ils ne s'occupent pas de lui, ils le regardent comme une honte pour eux et ne veulent pas le reconnaître pour leur - ce qu'on peut appeler de la haine.
À plus forte raison ses amis s'éloignent-ils de lui ; ou : « son ami », chacun de ses amis, ou « son prochain » ; car si ses frères, qui sont sa propre chair, lui témoignent si peu d'égards, à plus forte raison ceux qui n'étaient que ses voisins ou ses amis du temps de sa prospérité : ceux-là se tiendront à distance et n'approcheront plus de lui maintenant qu'il est pauvre et dans la détresse (voir Job 19:13,14).
Il les poursuit de ses paroles ; ils ne sont plus là ; ou : « ils ne sont pas » ; il les presse d'instantes prières de le secourir ; il invoque leurs propres paroles et leurs promesses, en tire des arguments et les fait valoir autant qu'il peut ; mais tout cela ne sert à rien : ses propres paroles, ses requêtes ne mènent à rien, et les paroles des autres, leurs promesses, ne sont que fumée et vent. Certains, comme Guershom, l'entendent non du pauvre qui court après des paroles vaines et des promesses creuses, en se persuadant qu'un tel et un tel lui ont promis leur amitié - sans que rien n'en vienne -, mais de l'ami qui se sépare du pauvre et le poursuit de paroles accusatrices, lui reprochant comme sa propre faute d'être pauvre - accusations qui ne sont pas vraies. C'est l'un des quinze passages relevés par les massorètes où le texte est écrit avec la négation et lu avec le pronom « à lui » ; on peut garder les deux et traduire : « ils ne sont pas à lui », ils ne lui profitent pas - ni ses propres paroles, ses requêtes, ni celles des autres, leurs promesses.