Cesse, mon fils, d'écouter l'instruction - le conseil des méchants, ou la doctrine des faux docteurs. Ces mots sont dits soit par Salomon à son fils, soit par la Sagesse, c'est-à-dire le Christ, à chacun de ses enfants, pour les mettre en garde contre les faux prophètes et leur faire prendre garde à ce qu'ils écoutent (voir Matthieu 7:15 ; Marc 4:24). Telles sont les doctrines de l'Église de Rome touchant les Écritures - interdisant au peuple de les lire, mettant les traditions non écrites sur le même pied qu'elles, et faisant du pape leur interprète infaillible ; touchant le mérite, les œuvres surérogatoires, les indulgences, les pardons, la pénitence, le purgatoire, etc. ; telles encore les doctrines des ariens, des sabelliens, des sociniens, des pélagiens et des arminiens touchant la Trinité, la divinité du Christ, son œuvre satisfactoire, la justice imputée, la force et la pureté de la nature humaine et le libre arbitre.
Instruction qui fait errer loin des paroles de la connaissance : les paroles du Dieu vivant, les Écritures de vérité, qui communiquent la connaissance et sont utiles pour instruire dans la justice ; qui sont le moyen de la vraie connaissance de Dieu - qu'il est un, et qu'il possède toutes les perfections ; et en particulier qu'il est plein de grâce et de miséricorde et qu'il pardonne toute espèce de péché ; qu'il est en Christ le Dieu de toute grâce ; qu'il est le Dieu et le Père du Christ, et le Dieu d'alliance et le Père de tous les siens en lui ; elles font connaître sa pensée et sa volonté touchant le salut des hommes, et ses voies et son culte. Il peut s'agir plus particulièrement des paroles salutaires de notre Seigneur Jésus, des doctrines bienfaisantes de l'Évangile : ces paroles de grâce, de sagesse et de connaissance qui viennent de lui et font connaître sa personne, ses charges, ses relations, son incarnation et les bienfaits de sa grâce - d'où l'Évangile est appelé la parole de la paix et de la réconciliation, la parole de la justice, la parole de la vie et la parole du salut. Or, ce sont toutes là des paroles de connaissance, et elles sont le moyen d'une connaissance spirituelle, vécue et confiante du Christ, préférable à toute autre connaissance et même à tout ce qu'il y a au monde. C'est pourquoi il faut prendre garde et éviter tout ce qui tend à faire errer loin de ces paroles et de ces doctrines qui transmettent, favorisent et développent cette connaissance. Jarchi et Aben Ezra intervertissent les termes ainsi :
« cesse, mon fils, d'errer loin des paroles de la connaissance, afin d'entendre l'instruction » ;
et le second mentionne encore cette interprétation :
« cesse, mon fils, de te détourner des paroles de la connaissance, si tu veux entendre l'instruction et t'égarer ensuite » ;
c'est-à-dire : mieux vaut n'avoir jamais entendu ni connu, que de se détourner de ces doctrines et de ces enseignements (voir 2 Pierre 2:20,21).