Les paroles du rapporteur sont comme des blessures ; ou plutôt : elles sont des blessures ; elles blessent le crédit et la réputation de celui dont on colporte l'histoire ; elles blessent celui à qui on la colporte et détruisent son affection pour son ami ; et à la fin elles blessent et ruinent le rapporteur lui-même. Ou : elles sont « comme celles de gens blessés » ; ils font mine d'être touchés du cas qu'ils rapportent et affligés des fautes et des faiblesses de ceux qu'ils exposent en secret, alors qu'en réalité ils s'en réjouissent. Ou : elles sont « secrètes », cachées, comme l'interprète Aben Ezra ; elles sont dites en secret et blessent en secret, par-derrière. Ou : elles sont « douces » ou flatteuses, dit Kimchi ; plus douces que l'huile, elles se glissent aisément dans l'esprit d'autrui. Ou plutôt : elles sont « avalées avec avidité », sens que le mot a en arabe, comme Schultens l'a montré et comme il traduit. D'où la suite :
Et elles descendent jusqu'au fond des entrailles : elles descendent agréablement et s'enfoncent profondément dans le cœur de ceux à qui on les dit, où elles trouvent place et demeurent, au dommage de ceux qui les reçoivent comme de ceux dont on les dit ; et si agréables qu'elles paraissent d'abord, elles sont comme des blessures dans les parties vitales, qui sont mortelles.