La fortune du riche est sa ville forte : celle où il habite et sur laquelle il règne ; celle où il met sa confiance et son assurance, et où il se croit à l'abri de tout ennemi et de tout malheur. Comme l'observe un auteur :
« l'abondance des biens d'un homme riche lui paraît comme l'abondance de la population dans une "ville" ; compter son argent lui semble voir les gens aller et venir dans les rues ; ses sacs empilés côte à côte, autant de maisons serrées les unes contre les autres ; ses coffres bardés de fer, autant de bastions ; ses billets et ses créances, autant de canons et de grosses pièces d'artillerie ; et au milieu de tout cela il se croit entouré d'un "grand mur" qu'aucun malheur ne peut franchir et qu'aucune misère ne peut percer. »
C'est bien ce qui suit :
Et comme une haute muraille, dans son imagination : elle ne le sépare et ne le distingue pas seulement des autres, mais elle le mettra, s'imagine-t-il, à l'abri de tout danger, et elle durera toujours. Or tout cela n'est que « dans son imagination » ou « sa représentation » : dans les chambres de son imagerie, dit Jarchi, en renvoyant à Ézéchiel 8:12, où se trouve le même mot. Car cette muraille ne tiendra pas : ces richesses ne peuvent pas même se conserver elles-mêmes - elles prennent des ailes et s'envolent -, et encore moins leur propriétaire : ni des calamités publiques, ni des maladies personnelles, ni de la mort, ni de la colère à venir.