Celui qui se moque du pauvre outrage son Créateur : celui qui se moque du pauvre à cause de sa pauvreté, qui lui reproche sa mise misérable, qui raille les vêtements qu'il porte ou la nourriture qu'il mange, celui-là outrage son Créateur ; ou, comme dit le Targum :
« il provoque son Créateur à la colère » ;
celui qui est son propre Créateur autant que celui du pauvre ; celui qui a fait le pauvre, comme homme et comme pauvre, et qui aurait pu le faire riche s'il l'avait voulu, aussi bien que celui qui se moque de lui ; celui dont les richesses ne viennent pas de lui-même mais de Dieu, et à qui Dieu peut les ôter pour les donner au pauvre s'il lui plaît. Aussi les riches doivent-ils bien se garder de se moquer du pauvre ; car, comme le remarque Guershom, se moquer d'une œuvre, c'est se moquer de l'ouvrier.
Et celui qui se réjouit d'un malheur ne restera pas impuni ; ou : « du malheur », celui d'un autre, comme dit la Vulgate, et de même Guershom - car nul ne se réjouit de son propre malheur ; ou du malheur du pauvre, dit Aben Ezra ; ou de celui de son prochain et de son compagnon, dit le Targum ; ou de celui de n'importe lequel de ses semblables. Ainsi les Édomites se réjouirent du malheur des Juifs, et furent à leur tour détruits ; ainsi les Juifs se réjouirent quand les chrétiens furent persécutés par Néron, et furent enfin détruits eux-mêmes par les Romains ; et ainsi les papistes se réjouiront quand les témoins seront tués, et peu après sept mille hommes de renom seront tués parmi eux et le reste sera saisi d'effroi (Apocalypse 11:10,13).