Une langue bienfaisante est un arbre de vie : une langue qui donne des enseignements salutaires, des conseils et des avis bienfaisants ; une « langue qui guérit », comme on peut traduire, qui apaise les parties en conflit et referme les divisions entre elles. Avoir le bénéfice de la compagnie et de la conversation d'un tel homme, c'est comme être au paradis. Telle est la langue d'un serviteur de l'Évangile, qui transmet les paroles salutaires de notre Seigneur Jésus-Christ, une parole saine et des doctrines solides qu'on ne peut condamner ; des vérités qui guérissent les consciences blessées : la paix, le pardon, la justice et l'expiation par le sang du Christ. Voilà les moyens de rendre vivants les pécheurs morts, de ranimer et de consoler ceux qui sont dans la détresse, et de leur montrer le chemin de la vie éternelle.
Mais la langue perverse brise l'esprit : un langage impur, indécent, fade et corrompu fait du tort à l'esprit des hommes ; les mauvaises fréquentations corrompent le cœur et les mœurs et souillent l'âme et la conduite. Ces propos-là, comme les doctrines malsaines, rongent comme la gangrène ; et de même qu'ils attristent le cœur des enfants de Dieu, que Dieu ne voulait pas voir attristés, de même ils portent la détresse et le désespoir dans l'esprit des autres et y font des plaies et des brèches qui ne se referment jamais - et cela chez ceux qui parlent comme chez ceux qui écoutent, car les hérésies pernicieuses amènent une ruine soudaine sur ceux qui les répandent comme sur ceux qui les reçoivent.