Les insensés se moquent du péché : de leurs propres fautes ou de celles des autres ; ils les prennent à la légère, en font une plaisanterie, appellent le mal bien et le bien mal ; ils prennent plaisir à les commettre et à voir les autres les commettre ; bien plus, ils s'amusent du mal qui en résulte pour autrui ; ils se moquent des reproches qu'on leur fait et raillent ceux qui les instruisent et les reprennent ; ils rient de l'état futur et du jugement terrible dont on les avertit, et disent d'un ton railleur : « où est la promesse de son avènement ? » Certains, comme le remarque Aben Ezra, traduisent « un sacrifice pour le péché » et l'entendent des sacrifices d'expiation de la loi, tournés en dérision par les méchants ; mais on peut mieux l'appliquer au sacrifice d'expiation du Christ, qui a fait de son âme une offrande pour le péché, afin de satisfaire et d'expier pour les péchés des siens : ce sacrifice-là est raillé par les faux docteurs, qui le nient, et il est exposé à la dérision et au mépris par les papistes, avec leur sacrifice non sanglant de la messe et avec leurs mérites et leurs œuvres surérogatoires, qu'ils préfèrent au sacrifice et à l'expiation du Christ. On peut aussi traduire : « le péché se moque des insensés » : il les trompe, il leur promet du plaisir, du profit ou de l'honneur, et ne leur donne rien de tout cela, mais le contraire.
Mais chez les hommes droits il y a la faveur : ils jouissent de la faveur de Dieu et des hommes ; ou : il y a de la « bienveillance », de la bonne volonté envers les hommes ; loin de se moquer du péché et de se réjouir du mal qui en résulte pour autrui, ils sont prêts à rendre service à tous et à servir par amour leurs amis et leurs voisins. Ou : il y a « acceptation » : ils sont agréés de Dieu à cause de ce sacrifice expiatoire du Christ dont les insensés se moquent.